Les Histoires Atroces du C.A.K.E.

Des séries qui tuent

# « The united states of Tara » saison 1 : l’enfer c’est “ses autres”

Super série où l’on retrouve Toni Collette, actrice qui se fit connaître grâce à son rôle dans « Muriel’s wedding » de J.P. Hogan. Ici, elle incarne cinq personnages en un : à savoir Alice, T., Buck, Gimme…et Tara elle-même, la vraie, une femme banale de 35 ans, mère de deux enfants et en couple avec le même homme et père de ses enfants depuis un bail. Le problème c’est les autres donc, ses autres : Alice, la mère au foyer tirée à quatre épingles, très années 50 (elle fait terriblement penser au rôle que tenait Toni Collette dans « The Hours » de Stephen Daldry), T., l’adolescente vulgaire et provocante, Buck, l’homme qui revient du Vietnam et boit le whisky au goulot et enfin Gimme, étrange personnage à la limite de l’animalité qui apparaît à la fin de la saison 1. Au milieu de Tara et tous ses doubles, il y a Marshall, le fils de 14 ans qui se découvre homo, Kate, la fille de 15 ans qui pour son plus grand malheur fait tourner la tête de son manager en restauration rapide, Max, le mari jardinier un peu dépassé par la maladie de sa femme et Charmaine, la sœur de Tara, célibataire en recherche de prince charmant qu’elle croit trouver en la personne d’un avocat environnementaliste une fois ses seins remis d’aplomb. Bien sûr la série vaut surtout par la performance d’actrice de Toni Colette mais les personnages secondaires tiennent la route, les dialogues sonnent bien et on ne verse jamais vraiment dans le grand guignol comme on aurait pu  le présager à la lecture du scénario. Au contraire, sans être un documentaire sur la maladie mentale, la série (du moins dans la saison 1 que j’ai vue) parvient à se tenir à la frontière entre comédie et drame, fiction et réalisme. 

Le générique :

 

Le trailer de la saison 1 :

 

# How to make it in America : la série la plus cool du moment

Cette nouvelle série de Ian Edelman diffusée sur H.B.O. est la plus hype et arty du moment. C'est l'histoire de deux potes ¾ un juif et un latino ¾ pas tout à fait trentenaires, un peu artistes, un peu branleur qui essaient de faire leur trou à New York. Attention, ici la lose c'est la classe : n'imaginez pas que nos deux compères ressemblent à Earl et son frère dont le Q.I. a du mal à égaler son Indice de Masse Corporel. Les deux mecs sont super beaux, sortent avec des mannequins friqués et s'ils ne roulent pas sur l'or, ils trouvent toujours quelqu'un à qui taxer de l'argent, mangent des petits fours et boivent du champ' dans les vernissages d'expo d'art contemporain… bref, on est plus chez David La Chapelle que chez les frères Dardenne… Ils bossent dans un magasin de jean's et vendent des planches de skate aux gamins dans la rue en rêvant d'avoir leur propre marque de jean's. La réalisation est d'excellente qualité : on pense un peut à Mad Men avec qui cette série partage le fait de séduire dès le générique aussi bien par l'image que la musique et d'être de la qualité d'un très bon film. Dommage qu'il n'y ait pour l'instant que quatre épisodes à voir en streaming…

Voici le générique qui reflète vraiment bien la série :    

 

# Mad men : la plus classe des séries américaines actuelles

Cette série de 4 saisons de 34 épisodes de 45 minutes a été créée par Matthew Weiner en 2007. Difficile de trouver des défauts à cette série esthétiquement très léchée, et ce dès le générique, si l'on ajoute que les dialogues sonnent très justes et que les personnages ont une profondeur et une complexité peu présentes dans le monde des séries, on comprendra que ces Mad men font figure de perles rares… La série se déroule dans le New York des années 60 et gravite autour d'un groupe de jeunes loups de la pub, de leurs femmes, de leurs secrétaires, de leurs voisines, de leurs maîtresses… C'est un portrait tout en demi-teinte de l'Amérique des années 60 où les relations hommes-femmes sont très bien vues : les premiers restant assez machistes tandis que les secondes tentent timidement de s'émanciper du carcan qui a été celui de leurs mères et grands-mères. Autre temps, autres mœurs : ici, on fume comme des pompiers, on trompe sa femme et on fait de la pub pour la cigarette et les aérosols. Les femmes ont des talons aiguilles et des tailleurs, les hommes des boutons de manchettes, des costumes et des chemises amidonnés...et chacun a son réseau de sociabilité. Bref, une grande série, digne des meilleurs films que je vous encourage vivement à aller regarder de plus près.

 

# Philadelphia (It's Always Sunny in Philadelphia) : un bar et des cassos

Cette série américaine créée par Rob McElhenney en 2005 est composée de 5 saisons d'épisodes de 22 minutes et soyons honnête je n'en suis qu'à la première saison mais ça me suffit pour la recommander chaudement aux adeptes du C.A.K.E. Rassurez-vous : on est ici bien loin du larmoyant du film « Philadelphia » avec Tom Hanks et la B.O. de Springsteen… Ici, on se marre sévère avec les aventures assez minables de trois mecs  ¾ Mac (Rob McElhenney), Charlie (Charlie Day) et Dennis (Glenn Howerton) ¾ et d'une fille, Dee (Kaitlin Olson), la sœur de l'un d'eux. Cette belle brochette de bras cassés où il n'y en a pas un (ou une) pour rattraper l'autre est à la tête d'un bar à Philadelphie. Les thèmes abordés sont très politiquement incorrects : racisme, homophobie, droit à l'avortement (cf l'épisode 2 de la saison 1 où Dennis choisit son camp pour une manif anti-avortement en fonction du physique des femmes y participant, ce qui l'amène à escalader le mur et à se faire bombarder d'œufs). Des personnages de losers attachants, des répliques qui tuent, une ville qui nous change un peu de New York ou L.A tellement vues dans d'autres séries : une réussite totale. Il me tarde d'en arriver aux épisodes avec Danny DeVito qui joue le père indigne de Dennis et Dee.

Un extrait de la saion 3 pour vous mettre en appétit.

 

# The Big Bang theory : une blondasse chez les surdoués

Leonard Hofstadter et Sheldon Cooper, deux génies de la physique, un peu geeks sur les bords, vivent en coloc à Passadena, en Californie. Célibataires, ils partagent quasiment tout leur temps libre avec leurs deux amis Howard Wolowitz et Rajesh Koothrappali pour, par exemple, organiser un marathon des films Superman, discuter de théories scientifiques ou mater des vidéos de conférence de scientifiques…jusqu'à ce que Penny, belle blonde, serveuse, un peu stupide mais tellement vivante emménage dans l'appart' d'en face. Leonard, plus sociable que Sheldon essaie de draguer la belle, tout juste redevenue célibataire, quand son compère, un brin psychorigide, s'inquiète du fait qu'elle s'assoit à sa place dans le canapé. Des dialogues assez drôles, un duo d'amis très efficace, des personnages secondaires hilarants (un type qui n'adresse pas la parole aux femmes, un autre qui est l'incarnation du dragueur ringard…mais looké années 70 à donf'), cette sitcom américaine (dont il existe trois saisons) a presque tout pour plaire si ce n'est…des boîtes à rires insupportables et un doublage très approximatif (la voix française de Sheldon fait un peu trop « folle du désert »).

 

# L'herbe au secours de la veuve et de l'orphelin : Weeds, série réalisée par Jenji Kohan

Cette série en est à sa cinquième saison, elle comporte 58 épisodes de 26 minutes. Le pitch ? Confrontée à des difficultés financières à la suite du décès de son mari causé par une crise cardiaque, une mère au foyer, Nancy Botwin, entreprend de vendre du cannabis à ses voisins[1]. Mais dans la petite ville d'Agrestic, banlieue californienne fictive et bourgeoise où elle vit, les apparences et le conformisme prévalent. Elle essaie tant bien que mal de s'en sortir, mais tout ne va pas pour le mieux, tant dans ses « affaires » que dans sa vie familiale avec ses deux fils, qui ne sont au départ pas au courant de la nouvelle activité de leur mère. Au cours de la première saison, elle se laisse convaincre par son comptable (et accessoirement un de ses meilleurs clients) de monter sa boulangerie pour lui servir de couverture. Le comique de la série vient à la fois de ses relations avec la famille noire qui lui revend la marchandise et certains seconds rôles, comme son amie qui harcèle sa fille pré-ado parce qu'elle est trop grosse. Le personnage de Susan  ressemble à celui de Jules dans Cougar town, à savoir une femme seule avec des enfants, encore jeune et pas mal qui essaie de s'en sortir, si ce n'est qu'elle est veuve et pas divorcée et que sa vie sentimentale est au point mort (voir l'épisode où elle cherche désespérément des piles pour son sex toy). Une bonne série… à regarder en fumant un joint ?

 

# Californication sans sexe et à New York : Bored to death, de Jonathan Ames

Quand un jeune écrivain new-yorkais réalise une série télé, il parle de quoi à votre avis ? D'un jeune écrivain new-yorkais, en effet. Pas très original me direz-vous. Et vous aurez tort : qui a dit qu'il fallait des virus extra-terrestres, des failles spatio-temporelles et des projets Dharma pour faire une bonne série ? Un peu d'humour, un anti-héros charmant, très charmant (Jason Schwarztman, le chouchou des films de Wes Anderson et un peu mon chouchou à moi aussi je dois bien l'avouer, à cause du grain de beauté sur la joue), une B.O. folk minimaliste (je vous préviens si vous êtes allergique à la lo-fi de Young Marble Giants, vous allez morfler !), des seconds rôles haut en couleur pour relever la sauce piquante et le tour est joué. Le héros est donc un écrivain à la ramasse fan de Raymond Chandler qui se fait plaquer par sa copine au début du premier épisode parce qu'il boit trop et fume trop d'herbe (« mais c'est pas ma faute : je m'ennuie tellement » répond-t-il, justifiant ainsi le titre de la série « Mort d'ennui »). Dans un dernier sursaut d'orgueil et par admiration pour le personnage de Marlow créé par Chandler, il tente une reconversion en tant que détective privé en mettant une annonce sur Internet et il ne tarde pas à se retrouver embringué dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Moins drôle que Californication mais sympa quand même : régalez-vous des épisodes de la première saison en attendant la deuxième déjà commandée par HBO.  

 

# Cougar Town de Bill Lawrence et Kevin Biegel

Cette nouvelle série américaine comprend pour l'instant une première saison de 13 épisodes de 22 minutes. On y retrouve Courtney Cox  ¾ la Monica de Friends ¾ dans le rôle principal : elle n'a jamais été aussi « bonne » que dans ce rôle de quadra divorcée, mère d'un ado pas toujours tendre avec elle et qui essaie de rattraper le temps perdu (elle a rencontré son mari à la fac, est tombée enceinte et a arrêté ses études pour l'élever pendant que son mari sautait tout ce qui bouge). Après la première scène de l'épisode pilote où elle sort de la douche et examine impitoyablement son corps devant la glace, touchant avec surprise et dégoût un bourrelet au ventre ou un bras un peu flasque, on la découvre sous son vrai visage, à savoir une femme très drôle et déjantée, un peu paumée qui est tiraillée entre ses deux amies. La première, plus jeune qu'elle et qu'elle vient de rencontrer l'entraîne à sortir et à partir « en chasse » d'hommes plus jeunes quand la seconde, sa vieille amie (et voisine) qui a le même âge qu'elle et qui est coincée à la maison avec un bébé et un mari accaparants, la réclame pour faire un scrabble et boire du bon vin, activités jugées plus dignes de leur âge. Quant à l'ex-mari, un ado attardé très beau gosse, il est hilarant, notamment quand il se fait embaucher comme jardinier dans le lycée de son fils et qu'il parade sur sa tondeuse torse poil, walkman sur les oreilles et chantant à tue-tête… Jules (puisque c'est l'étrange nom de l'héroïne) essaie de devenir « pote de journal »  (ils se croisent le matin quand ils sortent ramasser leur journal devant leur porte) avec son voisin, lui aussi divorcé mais visiblement sachant plus profiter de la vie qu'elle et la prenant pour une folle…ce qui donne lieu à des joutes verbales de haute tenue. Bref, une excellente série, drôle, intelligente, et parfois émouvante qui en prime donne envie aux femmes célibataires de plus de trente ans de tenter leur chance avec des mecs plus jeunes.

 

Extraits :

Jules, l'héroïne dit par exemple :

¾ Ce qu'il y a d'ennuyeux, c'est que tous les hommes de mon âge sont soit d'occasion, soit gays, soit sortent avec des filles plus jeunes.

¾ On a 40 ans, Laurie : pour nous se préparer à faire l'amour, c'est comme se préparer pour une mission spatiale.     

 

Une femme d'un certain âge qui drague des petits jeunes dit à l'esthéticienne qui lui fait l'épilation du maillot:

¾ Vous devez être étonnée par ce que vous voyez : c'est de la chirurgie reconstructrice. Ici (montrant son visage) j'ai 48 ans et en dessous de la ceinture, j'ai 19 ans.

 

La même, à un autre moment est attablée à la terrasse d'un restaurant et dit à Jules qui est avec son nouveau boyfriend (avec qui elle attend le dixième rdv pour passer à l'acte) :

¾ Désolée mais je suis affamée : tu m'en donnes.

¾ Quoi ? Tu veux mon omelette ?

¾ Non, dit-elle en lançant un regard plein de sous-entendus vers le jeune homme qui ne remarque rien, la tête dans son assiette. 

 

# Mais pourquoi Dexter est-il si gentil ?

Je viens de mater la saison 4 de Dexter en V.O. sous-titrée (bien mieux qu'en version française, en particulier la voix de Dexter, grave et profonde, plus en phase avec le personnage). Excellent personnage de Trinité qui donne du fil à retordre à notre serial killer rouquin beau gosse préféré. Toujours en porte à faux vis-à-vis de la mémoire de son père : doit-il suivre le « code » ou se fabriquer le sien propre ? Dexter en bon père de famille nombreuse (avec la naissance d'Harisson, ça fait trois) : couverture ou réel désir de fonder une famille ? C'est l'ambiguïté qui est intéressante, même si comme Sylar dans Heroes cette obsession de la normalité frise le ridicule. Heureusement, quand Dex a plus peur de sa femme, « la blondinette », que des dangereux tueurs qu'il côtoient, c'est trop drôle.

Encore une fois, je suis bluffée par Deb, la sœur de Dex, fliquette ambitieuse, jurant comme un charretier, dont la fragilité n'a d'égale que la carapace. Elle choisit toujours aussi bien ses mecs : le tueur au camion frigorifique, frère de Dexter, dans la première saison, le vieux Frank Lundy (à qui il arrive des bricoles dans la saison 4) et Anton, le beau black musicien coolos qui ne fait jamais le café (et ex-indic). Les scénaristes lui en font voir des vertes et de pas mûres à cette pauvre Deb Morgan, qui cherche en savoir plus sur la vie sexuelle de son père avant de renoncer, retombe dans les bras de son ex, se fait tirer dessus et souffre la martyre. Espérons qu'elle ne va pas se lasser et quitter la série qui y perdrait, à mon avis, beaucoup. Quant aux histoires de cul : c'est comme d'hab', à savoir que ça baise dans les coins entre collègue (LaGuerta et Angel) ou ça cherche les confidences sur l'oreiller pour son avancement professionnel (la journaliste Christine et  le partenaire de Deb, Quinn, le flamby à chaîne en or qui saute tout ce qui bouge pourvu que ça aie un beau cul sous sa jupe moulante). Mention spéciale à Mazuka : tel qu'en lui même et à sa super réplique à propos des moelleux au chocolat dans l'épisode 9.

L'épisode 9 est un des meilleurs bien que Dex ne bute personne : il règne une ambiance à la Twin Peaks dans la famille de Trinité, le meurtrier qui est en tête de liste des gens à éliminer, et cette violence sourde est plus impressionnante que n'importe quel massacre à la hache. Quant à la fin, je ne veux pas la dévoiler mais juste un mot aux scénaristes : merci (depuis le temps que j'en rêvais).

En commençant une nouvelle saison de cette série, on a tout le temps peur que Dexter se range des voitures et devienne un papa gâteau, un mari parfait et un sale con de bourge en pavillon résidentiel mais on sa rassure en se disant que s'il arrête de buter des gens, la série n'aurait plus de sens. Continue comme ça, mon garçon !

 

# Les séries télé qui ont marqué le C.A.K.E.

Les séries télé sont une influence essentielle du C.A.K.E. (que ce soit dans le fond, la forme, les personnages, les histoires, la narration ou les dialogues). Attention, on n'est pas pour autant des spécialistes théoriciens des séries (on laisse ça à d'autres) : la « mécanique » de séries n'est pas vraiment notre préoccupation première. On aime surtout les héros de séries iconoclastes, voire anti-héros (Dexter, House), les seconds rôles originaux et les univers frappadingues.

 

¾ Grégory House et Dexter Morgan : les deux héros du C.A.K.E.

Comme vous vous en doutez peut-être si vous avez un peu lu nos nouvelles on est plus fan de « Docteur House » que de « Joséphine ange gardien », mais notre docteur préféré tant qu'on n'est pas malade est quasi ex aequo dans notre cœur avec Dexter le spécialiste de taches de sang qui travaille pour la police le jour et devient serial killer la nuit (mais attention, il ne tue pas des innocents, c'est le côté chiant de la série).

Concernant « Docteur House », on a aimé les trois premières saisons, avec une petite préférence pour la saison 2, surtout les épisodes avec l'ex-femme du bon docteur car Greg House excelle en réparties quand il tombe sur des femmes qui lui tiennent tête (Cuddy parfois, son ex-femme avocate donc, mais aussi une naine dans un épisode). Par contre, on a été un peu déçu par la saison 4 (écourtée) qui commence avec le concept un peu lourdaud de télé réalité (House recrute sa nouvelle équipe en parodiant les méthodes des jeux télé) et qui finit avec la love story entre Amber alias « l'abominable garce » et Wilson le meilleur (et seul) ami de House. On nage alors en plein « Grey's anatomy », on a souvent l'impression de s'être trompé de série et on  s'attend presque à voir débarquer docteur Mamour. Le pire est la fin de la saison, le dernier épisode noyé dans le pathos ressemblant beaucoup à la fin de la saisons 2, le meilleur épisode de la série dans lequel House, après s'être fait tiré dessus, est plongé dans un délire comateux. Dommage, espérons que la saison 5 nous rende le House qu'on aime : cynique, méchant, cruel, brillant et efficace quand il s'agit de poser un diagnostic.

« Dexter » a été une vraie révélation pour tous les membres de C.A.K.E. (sauf Ricoucou Flapi qui ne possède qu'une télé en noir et blanc et qui ne s'est pas encore mis au magnétoscope).  Précisons quand même que la deuxième et surtout la troisième saison nous ont un peu déçu (pourquoi faut-il absolument que Dexter se marie et fasse un gosse à sa copine blondinette nunuche ? Trip typiquement américain, sans doute). Laissons de côté la mécanique des grosses  (trop ?) machines que sont « Lost » (je mets tous mes doigts à couper qu'ils ne retomberont jamais sur leurs pattes à la fin de la saison 6) et « Heroes » (même si leur méchant, Sylar, n'est pas mal du tout mais sous-exploité) pour nous intéresser aux personnages secondaires dans les séries.

 

¾ Des personnages secondaires de premier ordre

J'aime beaucoup Deb, la sœur de Dexter qui a le chic pour trouver ses mecs (un serial killer, son patron qui a trente ans de plus, un indic en danger…), jure comme une poissonnière et marche comme un cow-boy (elle a aussi un drôle de sourire légèrement de traviole qui fait son charme). Dans « Dexter » aussi, il y a Mazuka, un des experts en médecine légale qui est Chinois et qui n'arrête pas de faire des blagues de cul (comme tous les Chinois expert en médecine légale).    

Dans « Six feet under », super série au demeurant, peu de personnages sortent du lot dans la famille de roux spécialistes de la mort (avec, ironie des séries, l'acteur qui jouait Dexter transformé en homo qui a du mal à faire son coming-out et qui est un brin psychorigide). Mais il y a un beau rôle de femme avec la copine (Brenda) de Nathaniel qui apparaît dès le premier épisode de la première saison : ils se rencontrent dans l'avion, discutent, puis s'envoient en l'air (si je puis dire) à l'aéroport. Mais cette relation destinée à être sans lendemain change de registre quand Nathaniel s'inquiète de ce qu'il ne voit pas son père qui doit venir le chercher, il reçoit alors un appel de sa mère lui annonçant la mort de son père dans un accident de la route. Il n'a pas de véhicule et la fille lui propose de l'emmener à l'hôpital et leur relation devient beaucoup plus sérieuse : elle aussi a son franc-parler et on découvre qu'elle a été une enfant très surdouée objet d'étude pour les psys (en premier lieu ses parents), et qu'elle a une relation très spéciale avec son frère.

   

¾ « Twin peaks » de David Lynch et Mark Frost

Dans des séries plus anciennes, mais non moins cultes, on aime beaucoup « Twin peaks » pour plein de raisons : le côté noir de l'Amérique, l'onirisme malsain, mais aussi les personnages. On préfère bien sûr les épisodes réalisés par David Lynch, et même ceux-là n'ont pas très bien vieillis ¾ alors que le film « Fire walk with me » n'a pas pris une ride ¾ il y a un côté très soap renforcé par la musique franchement atroce et le générique craignos. 

Notre chouchou est le pleutre Andy Brennan, l'adjoint du shérif Truman sorte de Palardoux à la petite semaine, mais on aime bien aussi la secrétaire un peu idiote ou Leo Johnson, le routier impliqué dans le meurtre de Laura Palmer, surtout quand il est réduit à l'état de légume et que Shelly sa femme et son amant lycéen Bobby proposent de s'en occuper pour toucher l'argent des assurances. On adore aussi Nadine, la femme borgne (au bandeau sur l'œil) un brin hystéro, surtout quand elle fait une crise d'adolescence à retardement et veut que son mari l'inscrive au lycée (elle minaude et se trémousse tellement qu'on a envie de lui foutre de baffes). Sans oublier la « femme à la bûche » qui tient des propos pour le moins cryptiques. Et puis bien sûr, quelle femme n'est pas sensible au charme de Dale Cooper, l'homme au magnétophone toujours impeccable ? Pour les mecs, hormis la blonde Laura ¾ qui est un peu morte quand même, ce qui peut refroidir les non nécrophiles ¾ je suppose que la plus attirante est la brune Audrey, la fille du patron du bordel « Jack n'a qu'un œil ». Et puis l'apparition (dans la saison 2) de David Duchovny en femme ¾ avant « X-Files » et bien avant « Californication » ¾, ça vaut son pesant de cacahuètes !!!    



12/12/2009
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