Les Histoires Atroces du C.A.K.E.

Les membres du C.A.K.E.

 

            Qui sont les membres du C.A.K.E. ? De dangereux pilleurs de tombes, de sympathiques passeurs de drogue, des castors à poils durs faisant un usage douteux de la langue française ou de simples agités du bocal ? Voilà une excellente question, et je me remercie de l'avoir posée : pour les quelques gogos qui s'intéresseraient à la vie ébouriffante de ces furieux hurluberlus, un début de réponse fourni par le Ministère de l'Intérieur en partenariat avec la Mission Gouvernementale pour Poser son Cul sur la Commode, dirigée par ce sac à conneries sous perf' de carotène de Jacques Séguéla.  

           Dernière chose : au C.A.K.E., rien à foutre de Besson et de l'identité nationale, nous sommes tous Grolandais, c'est à dire apatrides la plupart du temps.

 

                                                 

            Bertille Oléoduc 

           Bertille Oléoduc est née le 3 mars 1978 à Pontault-Combault, d'un père professeur de grec et d'une mère au foyer. Son bac littéraire en poche, elle monte à Paris, s'inscrit en Lettres à la Sorbonne (tout en travaillant chez Mc Do parce qu'il faut bien bouffer), fréquente le milieu littéraire parisien (nous ne dévoilerons rien ici de sa relation torride avec un certain F. B.), écrit son premier roman qu'elle tente en vain de faire publier. Après quelques mois de débauche, soucieuse de revenir à une vie plus saine et équilibrée, elle devient sobre et végétarienne, décidant de retrouver ses racines. Elle est aujourd'hui guichetière à la Poste de Pontault-Combault à mi-temps, consacrant l'autre moitié de son temps à l'écriture. Collabore régulièrement avec son comparse Nicéphore Pétrolette dont elle partage le background culturel et le goût pour la pizza aux anchois.

 

 

            Nicéphore Pétrolette 

            Nicéphore Pétrolette est né le 4 avril 1945 à Saint-Germain-en-Laye de parents comptables. Après une jeunesse fougueuse et chamarrée dont nous savons en réalité fort peu de choses (certains affirment qu'il a été éleveur de bouquetins en Islande, d'autres qu'il a tout appris à Bob Marley), il a travaillé comme agent de police, agent des impôts et agent secret. Suite à une déception amoureuse ¾ une danseuse bulgare qui s'est barrée avec le vieux Moustaki ¾, il a traversé l'Atlantique et vit depuis dans une cabane au Canada. Avec l'arrivée des nouvelles technologies, il a rencontré Bertille Oléoduc sur Meetic il y a de cela un an environ ; depuis, ils écrivent les Histoires Atroces à quatre mains et rivalisent d'audaces dans la manière de nuire littérairement à autrui. Cette propension au cynisme ravageur a tout naturellement abouti à la création du C.A.K.E. dont ils sont les maîtres d'œuvre.  

 

            Henri Mychose

            Henri Mychose était un universitaire dérangeant pour l’Université, au look très post-dadaïste : une allure de bon élève avec des grosses lunettes, en costume toujours correct mais qu’on pressentait capable du pire. A juste titre. Rétrospectivement, sa prédilection pour les cravates cuisses-de nymphes parait annonciatrice de l’une des déviances qui lui ont valu sa récente mise à pied. Depuis, Mychose  a décidé de régler ses comptes non seulement avec sa stricte éducation judéo-chrétienne, mais aussi avec sa hiérarchie, ses collègues, et enfin avec bon nombre de ses soit-disant amis écrivains, performers, poètes dont il a vanté durant toutes ces années les oeuvres du haut de sa chaire, et qui depuis sa disgrâce l’ont lâchement laissé tomber. Son Journal d’une auto-destruction, qui raconte sa chute, et dont il a décidé de livrer des extraits en primeur au C.A.K.E., ainsi que certains de ses derniers textes d’une virulence étonnante, d’une méchanceté rare, d'une surprenante imagerie, donnent le ton. Autant dire que l’homme est remonté, libéré, et dézingue à tout va.

 

           Bernard Réverbère

           Né en 1902 de parents nettement plus âgés que lui, le petit Bernard montre instantanément de réelles dispositions pour l'écriture sous toutes ses formes, du pamphlet au mode d'emploi. Son père, l'inventeur du bec de gaz, rapporte dans son journal intime que si Bernard n'a pas su lire dès les premières minutes, il dévorait Goethe dans le texte après quelques heures d'existence, et Shakespeare n'avait déjà plus de secrets pour lui. Quelques études de médecine entre deux rôts lui permirent de rédiger le Vidal, encore aujourd'hui référence absolue des professionnels de la santé. On chuchote également dans les milieux autorisés qu'Einstein lui aurait honteusement dérobé le principe de la théorie de la relativité pour s'en attribuer la paternité alors qu'il était bien trop jeune pour se défendre. Face à l'incompréhension totale de ses contemporains, Réverbère finit par mettre fin à ses jours en s'immolant par le gaz en hommage à son père. La quasi totalité de son oeuvre disparaît avec lui. Toutefois, certains manuscrits ont été retrouvés récemment, qui seraient signés de sa main, mais rien n'est moins sûr. Dans le doute, les experts du C.A.K.E. vous en livrent ici-même l'intégralité en exclusivité planétaire.

 

            Méthylène Craspec 

            Plus jeune membre du C.A.K.E. à ce jour, Méthylène Craspec est née le 27 juin 1992 à Toulouse de parents libraires. Que dire d'une aussi jeune et innocente créature lâchée par mégarde dans le monde sans pitié des Histoires atroces ? Surfant sur la Toile en quête d'un mode d'emploi pratique de suicide collectif pour dépanner des amis scouts sur les rotules, c'est par hasard qu'elle a pris connaissance de l'existence du C.A.K.E. et décidé d'en faire partie. Ni une ni deux, elle rédigea une sordide pochade mettant en scène ses deux idoles, Astrid Veillon et Laurent Delahousse, qu'elle nous envoya sans crier gare. Le résultat ne se fit pas attendre : cette enfant dépravée serait des nôtres. Elle est actuellement en première littéraire option crêpes au sucre et rêve de devenir écrivain ou, si ça ne marche pas, de reprendre la librairie/crêperie familiale. 

 

             Jules-Henri Petsch 

            Plus vieux membre du C.A.K.E. à ce jour, Jules-Henri Petsch est né le 30 septembre 1922 à Dunkerque. Résistant de la première heure (vers juin 1945), facteur en Corrèze après la Seconde Guerre Mondiale, il coule aujourd'hui des jours paisibles dans sa campagne bretonne. Erudit, mélomane, bibliophile, il envoie régulièrement des questions au « Jeu des Mille euros » et écrit pour son plaisir poèmes, nouvelles, romans et pièces de théâtre (dont certaines ont été jouées par des troupes de théâtre amateur handisport). Alors que sa vie n'était plus qu'une suite de lentes décrépitudes interrompue par la sénilité, ce bon vieux Jules-Henri qui commençait à sentir le sapin rencontra via une soirée « fest-noz » du C.A.K.E. la jeunotte Amélie Durillon. A la manière des new-yorkais Paul Auster et Siri Hudsvedt, ils forment depuis le couple glamour le plus hype du moment dans leur bled de bouseux.

 

Amélie Durillon

Amélie Durillon est née le 11 décembre 1973 dans la campagne bretonne la plus reculée, qui constitue d'ailleurs le terreau de ses nombreuses nouvelles du terroir dans la lignée de Lucette Desvigne, son influence majeure. Elle n'en est pas moins capable d'humour et d'autodérision. Elle tient un gîte rural depuis dix ans où elle accueille beaucoup d'étrangers en vacances, notamment des Allemands et des Hollandais ¾ handicapés et sans-le-sou la plupart du temps ¾, qui constituent une source d'inspiration non-négligeable. Alors que sa vie n'était plus qu'une suite de beuveries fulgurantes interrompue par la gueule de bois, cette brave Amélie qui commençait à s'emmerder sévère rencontra via une soirée « fest-noz » du C.A.K.E. le décrépit Jules-Henri Petsch. A la manière des new-yorkais Paul Auster et Siri Hudsvedt, ils forment depuis le couple glamour le plus hype, etc.

 

            Ricoucou Flapi 

            Futur doyen du C.A.K.E., Ricoucou Flapi est né le 15 novembre 1928 à Paris, d'une mère fleuriste et d'un père maraîcher, tous deux d'origine italienne. Il se marie avec Yvonne Lapette en 1950, donne naissance à quatre enfants (dont un est avocat commis d'office en Serbie, mais passons). Lui et son épouse sont restaurateurs à Puteaux depuis 1952. Amoureux de littérature, de cinéma, de bons mots et autres calembours, Ricoucou connaît son heure de gloire en tant que figurant dans les films d'Audiard dans les années 70. Il écrit des nouvelles et des romans souvent inspirés des clients fidèles de son bar-restaurant-P.M.U., ou de ses nombreuses rencontres louches faites dans les coins les plus sombres du Bassin parisien. Il a malheureusement renoncé à publier le Dictionnaire d'argot des proxénètes qu'il préparait depuis trente ans avec quelques amis, faute d'éditeur intéressé par le projet.   

 

            Philippine Grimbouc 

            Philippine Grimbouc est née à Tahiti le 29 février 1965. Depuis 1988, elle vit avec sa petite famille dans la Creuse où elle partage son temps entre son métier d'assistante sociale,  son activité bénévole de chorégraphe d'une troupe de danseurs hip-hop/country, et l'écriture. Grande lectrice, sérieuse comme une papesse, adepte de l'expérimentation et de l'auto-fiction, dans la veine d'une littérature féminine et féministe, elle s'offre une récréation ludique et jubilatoire grâce au C.A.K.E. qui l'encourage à se lâcher, à se défouler et à se marrer un bon coup, bref à ouvrir les vannes. Elle serait actuellement sur un projet littéraire pharaonique mais ne préfère en souffler mots, de peur de se voir voler son idée par une bande de rapaces affamés. Mais jusqu'où ira-t-elle ?   

           

            J.-M Bouzingot 

            J.-M Bouzingot nourrit autour de sa personne un troublant mystère, si bien que l'on ignore ses dates et lieux de naissance, son groupe sanguin ou sa pointure de chaussure. Nul n'a jamais vu sa gueule de près, même si certains affirment qu'il a un petit air de Pierre Richard sous acide. Il se murmure également dans les milieux autorisés qu'il s'agirait d'un pseudonyme utilisé par Nicéphore Pétrolette pour ses écrits les plus indécents, c'est-à-dire la majeure partie. Quoi qu'il en soit, le seul texte publié à ce jour sous ce nom est la préface au roman-vérité « Pompidou était une femme » du trop fameux Odéon Chignole, biographe non-officiel des plus grands que le C.A.K.E. espère bien attirer un jour dans ses filets. En exergue de cette contribution publiée par les éditions La Courante en 1966, l'on pouvait lire la note suivante : « Ecrivain et philosophe, J.-M Bouzingot est un chic type. En plus, il a une sacré descente. » Nous ne saurions en dire plus.

 

            Mohamed Bakchich

Mohamed Bakchich est né le 9 janvier 1990 à Vaulx-en-Velin. Après de brillantes études, et ce malgré un milieu social défavorisé, Mohamed vient d'intégrer le prestigieux Institut de Sciences Politiques de Paris pour devenir journaliste à la solde du pouvoir en place. Il vend également des kebabs le week-end et a collaboré au dernier album d'Enrico Macias. Il collectionne les photos dédicacées de journalistes de France Télévisions (il en a 56 de Laurent Delahousse), les lettres de refus de stages (128 dont 102 avec son nom mal orthographié) et les boîtes de camembert (789). Son œuvre littéraire est marquée par une recherche formelle assez poussée mais surtout par l'abus de carambars aux fruits. Il a adhéré au C.A.K.E. pour s'assurer une visibilité maximum dans le petit monde des gens qui comptent en France, et pourquoi pas viser une carrière internationale. Il se cherche encore et hésite entre reporter de guerre et écrivain rigolo ¾ voire reporter rigolo ou écrivain de guerre.     

 

            Pierre Sanglier

Né le 21 janvier 1954 dans un bidonville de la banlieue de Toulouse, écrivain et journaliste iconoclaste, aventurier et plutôt beau gosse pour son âge, on lui prête déjà une relation torride mais non moins intellectuelle avec la jeune Méthylène Craspec. Il est vrai qu'invité pour la signature de son dernier livre « Ma vérité sur le meurtre de la comtesse » dans la librairie des parents de la jeune fille, il y resta huit jours malgré la faible affluence (cinq livres signés dont trois sur un malentendu). Fidèle au style alerte et primesautier qui le caractérise depuis ses débuts en 1977 (nous ne nous attarderons pas ici sur la polémique qui avait suivi la sortie de son premier livre « Pourquoi je ne suis pas un boat people » et sa joute oratoire mémorable avec B.H.L. sur le plateau de Pivot), il promet au C.A.K.E. de l'abreuver régulièrement en textes où la finesse psychologique le dispute à la justesse sociologique.

 

            Eugène Bibendoux

Né le 25 novembre 1964 à Dunkerque, Eugène pourrait dire « Francis Pitot, c'est moi » tant ce personnage semble être son double littéraire, mais rassurez-vous, lecteurs chéris, lui il est vivant et en pleine forme. Romancier, nouvelliste, dramaturge (oui oui, comme Laurent Gaudé ou Florian Zeller), poète à ses heures perdues (oui oui comme Michel Houellebecq ou Dominique de Villepin), plusieurs fois pressentis pour le prestigieux « Prix de Flotte », car il ne boit que de l'eau, Eugène refuse de se complaire dans le rôle de l'artiste maudit et ne désespère pas de connaître un jour, lui aussi, le succès, la gloire et les filles faciles aux tétons percés. En attendant il prend son mal en patience et bosse à la Poste en contrat aidé en quart-temps. « La mort impossible » intéresse le milieu du cinéma et Guillaume Canet pourrait se charger de l'adaptation, mais chut, rien n'est moins sûr, croisons les doigts. 

 

            Camille Mortadelle

           Ecrivain R.M.Iste en voie de réinsertion (elle vient de signer une convention de stage de 36 mois au « Paradis de la Rillette » à Châteauroux), Camille est née le 5 juillet 1976 à Dijon dans une mosquée aménagée en sous-sol. Son enfance a été difficile : élevée par un beau-père fan de Serge Lama, elle a de fait subi des tortures psychologiques préfigurant celles préconisées à Guantanamo, ce qui a lui laissé de graves séquelles. Elle ne se nourrit que de cerises, de glaces, de viande de cheval et de petit pois. Borgne de naissance, elle a perdu une oreille dans un accident de scooter à quatorze ans ; elle boite un peu, boit beaucoup et à six doigts à la main droite, ce qui lui permet de taper très vite à l'ordinateur. Elle prétend avoir bien connu Michel Charras quand il était député du Limousin. A part ça, c'est à peu près tout.  Toutes les informations précédentes ont été recueillies sur son blog qui a fermé suite à un dégât des eaux. Je crois que cette fille est complètement barge.  

 

          Amandine Frangipane

         Amandine Frangipane est née le 14 octobre 1982 à Mourmelon. Passionnée de littérature dès son plus jeune âge ¾ elle conserve d'ailleurs toute sa collection de « Oui-Oui » ¾  elle a déjà écrit dix romans et neuf recueils de nouvelles, dont certains publiés à compte d'auteur. Elle réside actuellement en Suisse où elle achève une thèse de doctorat d'ethnologie sur les bidonvilles en Amérique du Sud. Son immersion dans les milieux interlopes de toutes les capitales d'Amérique du Sud lui valut il y a quelques années le premier prix de concours de buveur de tequila en tee-shirt mouillé de Buenos Aires, ce qui ne manqua pas de choquer sa famille bourgeoise coincée. Son père, ancien ambassadeur de France en Colombie, a bien connu Ingrid Bétancourt ¾ « une sale pimbêche jurant comme un charretier » selon Amandine et on veut bien la croire. Sa mère travaille dans une galerie d'art pour laquelle elle pille les plus belles œuvres de la culture africaine ¾ elle pioche également dans les plus beaux spécimens de mâles africains pour son compte personnel, cette fois.

 

           Jerko Mikulic

           Né le 30 décembre 1983 en Serbie, Jerko se révèle vite le jeune surdoué de son village perdu dans les montagnes, il parle 13 langues et apprend le français en 4 jours alors qu'il est cloué au lit par un accès de rougeole. Sa famille se saigne aux quatre veines pour lui payer un passeur et il pose le pied sur le sol français par un beau soir neigeux de décembre 2008 après un trajet de 23 heures accroché sous les roues d'un camion de merguez. Depuis janvier 2009, il vit une magnifique love story sur Internet avec Amandine Frangipane, qui l'a même pris comme objet d'étude (voir son article polémique intitulé « Pourquoi je suis amoureuse d'un clandestin » paru dans la « Revue Internationale des Etudes sur l'Immigration à problèmes»). Il est actuellement en première année d'hypokhâgne à Paris et envisage sérieusement de devenir Ministre de la culture. Sa naturalisation suit son cours (selon le porte-parole de Nicolas Sarkozy joint par téléphone ou en tout cas la secrétaire du porte-parole de quelqu'un).       

           

Lucien Pinard

            Né le 24 mars 1943 à Dunkerque ¾ à quand une thèse de doctorat sur « l'école dunkerquoise » ? ¾ , Lucien Pinard, n'en a pas moins toujours voulu croire en sa bonne étoile, y compris quand un débris de comète est tombé sur sa caravane le 3 août 1976 au camping de Biarritz, tuant sur le coup sa femme, ses trois enfants et sa belle-sœur qu'il avait toujours détestée depuis qu'elle avait refusé ses avances le soir de Noël 1964, pendant que sa femme accouchait de leur premier enfant, Christian, à la maternité de Roubaix, alors même que tout le canton lui était passé dessus (la belle-sœur de Lucien, pas sa femme qui de notoriété publique était peu intéressée par les choses du sexe, pour ne pas dire frigide au dernier degré, un vrai glaçon à vous refroidir un acteur de porno cocaïné). Malgré son cancer généralisé et ses interdits bancaires, Lucien Pinard continue de voir la vie en rose, aidé en cela il est vrai par toutes sortes de drogues (herbe, ectasy, héroïne, champignons, crack, L.S.D., disques de Robert Charlebois, etc.);       

 

         Obiboul Gazouille 

        Qui pourrait-croire en voyant le doux et innocent visage de cette jeune trentenaire  B.C.B.G. qu'elle écrit de telles horreurs ? Née en 1977 dans une commune du Lot-et-Garonne capitale de la tomate mais qu'elle préfère garder anonyme, Obiboul Gazouille (c'est un pseudo, en réalité elle s'appelle Stéphanie comme tout le monde, mais c'est moins joli) y réside encore aujourd'hui (mai qui sait de quoi demain sera fait). Elle s'est lancée dans l'art contemporain il y a dix ans grâce à un oncle potier et pédophile (mais ça n'a rien à voir). Expérimentant différentes techniques et différents matériaux, elle travaille actuellement sur un projet original et ambitieux consistant à réaliser des moulages de parties du corps humain en bouse de vache. Sinon, elle est caissière au Leader Price et mère de quatre enfants ¾ leur père, un chef de rayon peu sensible à l'art, a mis les voiles il y a un bail.     

 

            Machor Zipout

            Née en 1969 à Paris, cette fille de deux étudiants soixante-huitards ¾ elle naît neuf mois après mai 68 ¾ étudie d'abord la littérature auprès des plus grands, puis après une saine remise en question suite à une chute de scooter, elle se lance à 35 ans dans un C.A.P. cuisine mais peu soumise de nature, elle se fait virer de son premier poste après avoir assommé le chef avec une casserole en cuivre. Elle reprend alors ses études de lettres et consacre sa thèse à la romancière Marie Darrieussecq, « une vieille copine de fac ». « Pilou est mort », sa splendide parodie de « Tom est mort » mais aussi de« Truismes » « Le Bébé » et « Naissance des fantômes » s'appuie sur une fréquentation assidue et approfondie de l'œuvre de l'écrivain psychanalyste basque ¾ même si personnellement elle lui a toujours préféré le gâteau, la pelote ou même le béret.  

 

           Jean-Moshé Cohen-Lévy  

           Né juif en Pologne à une époque où c'était plutôt mal vu, le jeune Jean Moshé ne tarda pas à être interné dans un camps de concentration avec toute sa famille ¾ sauf la grand-mère paraplégique oubliée sur le balcon qui devait mourir d'inanition quelques jours plus tard avant de se dessécher comme une momie et d'être jetée à la décharge dans une vieille couverture par les nouveaux locataires, des Polonais bien propres sur eux qui ne faisaient pas de politique. Après une carrière en dent de scie dans les pompes funèbres, il fut mis en pré-retraite après un banal accident d'incinérateur qui aurait pu lui coûter la vie. Adepte d'un humour décapant et cynique et peu convaincu par les professionnels rémunérés de l'humour à la française, il conchie Stéphane Guillon, pisse à la raie d'Anne Roumanoff et envisage de faire bouffer ses couilles à Jean-Marie Bigard. Il entend leur démontrer par ses nouvelles ce que signifie « humour noir » et « politiquement incorrect ».    

 

            Louise Ablette          

            Cette nouvelle venue dans notre petite communauté du C.A.K.E. est souvent décrite par ses détracteurs comme une vieille romancière alcoolo se prenant pour Marguerite Duras en se tapant un jeune amant et en disant des conneries plus grosses qu'elle sur les faits divers du moment, de préférence mettant en scène des mères infanticides. Pour être objectif, disons qu'elle est née le 22 avril 1934 quelque part en France et qu'avant de faire ses preuves en littérature, elle fut danseuse au Moulin Rouge, chanteuse réaliste à Montmartre, poissonnière à Saint Quentin, prostituée chez Eddy Barclay et doublure de Mireille Darc. Puis ce fut la rencontre avec ce bon vieux pervers libidineux de Philippe Sollers (pas si vieux à l'époque mais déjà pervers et libidineux) qui l'introduit dans le milieu littéraire parisien et grâce à qui elle collabora à « Tel quel ». Après le succès d'estime de son premier roman autobiographique que les critiques littéraires citent comme annonciateur de l'auto-fiction, « Moi, mon cul, mes emmerdes », elle se retira en Vendée en 1977 et depuis ne publia plus rien. Elle a décidé d'honorer le C.A.K.E. de ses textes inédits et nous nous en félicitons. Son goût de l'exotisme et de la chair fraîche lui ont fait rencontrer récemment Mohamed Bakchich avec lequel certaines mauvaises langues lui prêtent une relation non platonique.

 

             Mustapha Origami

            Né le 3 mars 1982 à Strasbourg, Mustapha Origami se définit volontiers comme le fils spirituel de Lucien Pinard bien que ce dernier s'en défende avec véhémence (joint par téléphone, il déclare : « c'est qui ce merdeux ? »). D'abord enfant des rues, bientôt adolescent à problèmes, il se rachète une conduite en s'engageant dans la Légion étrangère, puis tient un bar-tabac à Béziers. Danseur de claquettes à ses heures perdues, champion interdépartemental de mots fléchés, avouons-le : cet intellectuel iconoclaste et artiste touche-à-tout drague tout ce qui bouge ¾ femmes, hommes, animaux, vibromasseurs. Hormis Lucien Pinard, il revendique l'influence de Lucette Desvignes pour ses fresques épiques et lyriques du monde paysan. Il s'attèle actuellement à une tétralogie ambitieuse, vaste saga autour de la lignée de Milou, personnage attachant découvert dans « Les Champs Malodorants », texte dont le C.A.K.E. a eu la primeur, malgré les propositions alléchantes des plus grands éditeurs de la capitale. Il entend renouveler de fond en comble le roman paysan français (lequel, il faut bien le dire, n'a pas beaucoup évolué depuis un siècle, voire un siècle et demi).      

 

            Nonoche Picabois

           Cet amateur de bridge et passionné de haïkus érotiques, que d'aucuns surnomment le « Michel Onfray de la blaguounette », est né en 1953 à Magny les Hameaux. Il coule dorénavant des jours paisibles à Concarneau auprès de sa jeune femme roumaine, de ses quatre marmots et de sa collection de pinshers nains mais il n'en a pas toujours été ainsi. En effet, hier encore, il avait 20 ans et menait une vie de bâton de chaise aux quatre coins du monde ¾ ne me demandez pas  depuis quand le monde est carré, j'en sais foutrement rien  : mousse avec Bernard Giraudeau sur un navire en partance pour les mers du Sud qui pour d'obscures raisons ne dépassa jamais Brest, conseiller occulte de Raymond Barre dans les années 80, fils spirituel de Charles Pasqua et père en spiritueux du chanteur Miossec avec qui il faillit ouvrir une cave/maison d'hôtes dans la forêt de Paimpol, il eut une vie bien remplie et ne regrette rien, non rien de rien. Il offre aujourd'hui en exclusivité au C.A.K.E. sa trilogie révolutionnaire sur la vraie vie réelle des prophètes : Jésus, Mahomet et Moïse comme vous ne les avez jamais vus. S'appuyant sur une bibliographie impressionnante, digne au moins du Da Vinci Code, Nonoche Picabois nous conte, à la manière d'un Alain Decaux rock and roll, l'histoire de ces trois branquignols ayant plus ou moins réussi ¾ un modèle pour les gamins en échec scolaire ¾, dans leur version non censurée par Frédéric Mitterrand.    

 



14/04/2009
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