Les Histoires Atroces du C.A.K.E.

Contre le règne du rance

La France d'aujourd'hui ou le règne du Rance : la morosité et l'indigence s'installent et prospèrent misérablement, mais le C.A.K.E. ne se rend pas - mieux, il attaque. Il n'est plus temps de chier passivement sur nos concitoyens ramollis du bulbe, foireux tocards à la ramasse qui blablatent et glougloutent stupidement à base de glauques excréments verbaux ; le C.A.K.E., plus fiévreux que jamais, reprend la main et passe à l'action afin de renverser l'inertie affligeante de la médiocrité contemporaine qui refoule à dix bornes.

            Passant à la lutte armée de stylos tordus, d'essoreuses à salades et de pieds de biches et de bichons à l'hapax de notre témérité, notre communauté crépusculaire d'anarchos-rigolos de la première heure dresse un constat sans concession de notre pays décrépit où croupissent sur les trottoirs telles de vieilles limaces comateuses de gluants débris de cerveau coulant par le blair et les esgourdes de la masse terne, amorphe et soumise au quotidien le plus délétère : tout part à vau-l'eau, le gens sensés et les partisans de la gaudriole ont disparu, la littérature est livrée sans vergogne à des imbéciles vaguement débiles remuant frénétiquement leurs têtes oblongues surmontées d'un entonnoir et, pire que tout, le prix de la pomme de terre culmine à des sommets indécents. Alors, que faire ? 

Après avoir détruit par le verbe tout ce qu'il a effleuré du regard tel un roi Midas sous L.S.D., le C.A.K.E. n'entend pas vivre oisivement comme des locdus de la Villa Médicis sur les ruines moisies du monde ancien mais rêve à la construction imminente de quelque chose de nouveau, de fun, de cool, de sympatoche, une fois que la vermine visqueuse de la bêtise crasse qui nous agresse durant les périodes ouvrables (et pas que) aura été annihilée de la manière la plus définitive et colorée qui soit. Afin de remettre les pendules à l'heure et d'expliciter l'étendue de nos haines inextinguibles, le C.A.K.E. compte établir à présent la liste de ces détestables cloportes de la pensée molle aux cortex cotonneux.

Vomissure pâteuse passée au tamis de la critique complaisante, la littérature actuelle dans son immense majorité n'a pas plus d'intérêt que les mémoires de David Pujadas écrits en volapuk ou en serbe par un nègre autiste ; notre haine rigolarde appelle à la subversion sans concession par le verbe dans le fond et dans la forme, et chie allégrement sur  la littérature de confort, où les médiocres vautrés dans le canapé de la paresse consensuelle publient et promeuvent sans jamais prendre aucun risque, les philosophes de salon, philosophes dans leurs chiottes et à la télé (annexe des chiottes), qui soignent leur brushing et dispensent des leçons mollassonnes en érigeant en exemple leur vacuité, les romans des Editions de Minuit faisant 120 pages avec double interligne et marges énormes qu'on dirait imprimés pour les myopes, les écrivains cons comme des cloches qui se regardent écrire et où tout sonne faux, les petites histoires de gens ordinaires qui se vendent par palettes, le sentimentalisme niais des sans-talent, la constante recherche de la facilité, les merdiques pisse-copies qui font des bouquins sur Michael Jackson, la littérature commerciale décomplexée écrite par des clébards vendant de l'amour faisandé aux caniches de grande surface, les critiques sans courage qui critiquent au copinage, les Bernard Werber & Cie qui nous les brisent d'être aussi nazes. Pleutres parasites, vous pissez contre le vent.

Scélératesse coupable sordidement brandie par les gouvernements infects, la culture actuelle dans son immense majorité n'a pas plus d'intérêt que la recette des endives braisées de Jean Amadou ; notre haine rigolarde appelle à la démystification de la niaiserie subventionnée adulée par la trèpe bêlante, et chie allégrement sur les gens du sérail, « fils de » inutiles qui ont la carte sans savoir quoi en faire, les « artistes » sans intérêt adoubés par quelques magazines consensuels leur conférant une pseudo-légitimité en plastoc, la clique des connards satisfaits qui veulent imposer ce qu'il faut dire, lire, écrire et respecter alors que rien n'est respectable et surtout pas eux, les installations d'art contemporain aussi hermétiques qu'un coffre-fort suisse que n'importe quel péquenaud sous-doué pourrait faire dans son jardin avec de vieux pneus, un percolateur, un bidet ébréché et une perceuse électrique, la techno et la tektonik où des courges pubères sudoripares se déhanchent stérilement, le rap français chanté avec des chamallows dans la bouche, le R'n B des pouffiasses pour greluches à string fantaisie, le saxophone et le free-jazz qui font quand même bien chier, la chanson française du quotidien minuscule à glapir à la guitare sèche ou au piano, la fête de la musique où l'on peut entendre, plein de légitime dégoût, une reprise d'un classique d'AC/DC au banjo faite par un asthmatique souffreteux, les groupes à dreadlocks faisant de la musique world à la noix, le cinéma français du nombrilisme mou, le cinéma américain des gros biceps en 3D tourné sur fond vert, les comédies musicales kistchissimes des taches de Bollywood, la culture qui a remplacé les arts, le divertissement qui a remplacé la culture, et la merde qu'on nous sert qui remplace à présent tout le reste, la facilité en général qui n'aura jamais sa place ici. Pleutres parasites, vous pissez contre le vent.

Détestable niveleuse par le bas des troupeaux moutonniers, la société actuelle dans son immense majorité n'a pas plus d'intérêt que la retransmission du défilé du 14 juillet commentée pompeusement par Jean-Claude Narcy pété au calva à 10h du mat comme au bon vieux temps de l'ORTF ; notre haine rigolarde appelle à la destruction imminente par le feu et par la flamme des illustres connauds et des toutous anonymes qui la composent, et chie allégrement sur les moralistes rémunérés qui nous encerclent, les infinitésimales crottes procédurières, les misogynes acharnés qui pullulent, les féministes extrémistes qui fourmillent, les handicapés qui couinent comme les roulettes de leur fauteuil de misère, ceux qui défendent les tabous étiolés comme de la vieille dentelle d'une société frileuse mettant sa petite laine pour se prémunir du souffle glacial de la libre pensée, ceux qui font chier le monde pour compenser leur impuissance d'escargots décortiqués, les sujets à la mode, les défenseurs en général (et ceux de la vie en particulier que nous conchions avec joie), les associations (surtout humanitaires), les racistes, les anti-racistes, les Blancs, les Noirs, les Jaunes et les Verts (mort à l'AS Saint-Etienne !), le culte de la consommation, les franchouillards béats d'ignorance, les émissions littéraires à la télé où l'on parle jamais de littérature, le buzz, la publicité, la culture de la meute, le bourrage de crâne médiatique, le recyclage en 2010 des vieux animateurs qu'on croyait morts, l'autocensure généralisée, la perpétuelle soumission au pouvoir en place. Pleutres parasites, vous pissez contre le vent.

Épouvantails pathétiques placés à tous les carrefours pour faire fuir les libres corbeaux de la pensée, politique et religions n'ont à l'heure actuelle pas plus d'intérêt que les déclarations fracassantes de cette bouse démago et populiste de Copé aux putrides relents de FN des années 80 ; notre haine rigolarde appelle au massacre systématique des empaffés qui en sont les sinistres représentants, et chie allégrement sur les petits chefs à talonnettes, les politiciens consternants à leur solde, les ministrillons hargneux en quête de stériles polémiques, les adeptes de l'« identité nationale » (nous considérons comme Français tous ceux qui veulent bien rigoler avec nous, les autres n'ont qu'à retourner en Bamboulie), l'écologie, le patronat, le capitalisme fiérot, l'Assemblée nationale, les partis politiques, les partis apolitiques, les contrôles d'identité, les syndicats aux culs sagement vissés à l'Elysée, les élections, les votations, les référendums, les anarchistes à la manque, la croissance, la décroissance, les sondages, les sionistes, les anti-sionistes, les soixante-huitards, les anti-soixante-huitards, les avocats de Chirac, les charters monstrueux, le bon goût, le travail, la famille, la patrie, la tolérance, le règne du pognon, les bons sentiments, la mièvrerie contemporaine, le flicage vulgaire, les normes en général, le politiquement correct, l'absence d'autodérision générale, le sens des responsabilités, le sérieux que nous méprisons, les religieux qui revendiquent et nous débectent, tout le gouvernement se rendant au dîner annuel du C.R.I.F., l'œcuménisme vomitif, la construction de mosquées (avec ou sans minaret), d'églises (avec ou sans clocher) et de synagogues (avec ou sans tour de garde), les cathos, les juifs et les musulmans tant qu'ils sont pratiquants c'est-à-dire adeptes de la bêtise institutionnalisée qu'on sanctifie par le poids des traditions qui ne sont que des tonnes de poussière à disperser d'un salutaire coup de vent, les bouddhistes ringards, les croyances en tous genres, la perpétuelle soumission aux inepties en vogue. Pleutres parasites, vous pissez contre le vent.

Considérables gougnafiers, troufions égotistes et nouilles trop cuites déblatérant de la caille en barre, les citoyens français n'ont à l'heure actuelle pas plus d'intérêt qu'une réunion de huit heures du MEDEF à Saint-Dizier avec mini-concert de Barbelivien à l'entracte par un après-midi pluvieux de novembre où toute fuite est impossible ; notre haine rigolarde appelle au dézingage furibard de ces poids morts qui nous oppressent et chie allégrement sur les traders, les banquiers, les assureurs, les pharmaciens encensés par Malavoy après le JT de France 2 dans une pastille débile pour payer ses impôts, les garçons coiffeurs (s'il en reste), les garagistes, les sacs à merde de flics, les trou-du-cul de gendarmes, les connards de C.R.S., les gens faussement cool en entreprise qui se tapent dans le dos pour mieux déterminer l'emplacement futur du poignard, la familiarité des hypocrites, l'hypocrisie des familiers, les comiques de la facilité faisant des sketchs sur le couple, les portables et les boîtes de nuit, les rebelles qui suivent toujours le sens du courant, les snobs, les roux, les amputés, les enfants insupportables, les vieux qu'on ne supporte plus, les attardés qu'on ferait mieux de jeter dans un puits, les chasseurs décervelés, les toréadors cons à encorner, les végétaliens new age, les pro-ana, les pro-Besancenot, les pros tout court, Raymond Domenech, les gothiques maquillés, les gens qui parlent sans cesse de leurs gniards quasi-trisomiques, les femmes qui disent « en tant que mère de famille » quand elles sont interrogées après un fait divers tragique dans un sujet de France 3 Auvergne un jeudi midi, Jean-Pierre Pernaut, sa gueule de con et son journal honteux, les footballeurs et leurs comptes en banque, les cyclistes et leurs perfusions, les hétéros qui se marient, les homos qui les imitent, les bobos, les ados, les jeunes adultes, les trentenaires, les beaufs, les chiatiques, les pompeux péroreurs, les hippies, les glandus, les gens qui sont contre ceux qui sont pour et inversement. Pleutres parasites, vous pissez contre le vent.

Mais alors, après un si rigoureux écrémage, qui reste-t-il ?

C'est simple : vous et nous - nous sommes la mèche, vous serez la dynamite.  


Pour passer à l'action, le plan et la méthode sont clairs : le monde amolli pourrissant sur pied dans sa gerbe d'idées sans saveur, notre suprême but n'est pas de nous branlotter en réformettes comme le gouvernement Fion IV mais de balancer un coup de latte dans la fourmilière de la passivité ambiante, de secouer les paralytiques de la pensée en attaquant leurs cervelles au marteau-piqueur et de hurler des obscénités outrancières dans les oreilles poilues des bigotes endeuillées - oui, le C.A.K.E. est ivre de rage, et en appelle désormais à votre aide féroce, bande de jeunes coyotes intrépides, pour hurler avec lui jusqu'à rendre sourd la masse crétine et gigantesque, si conne qu'elle mériterait de ne jamais plus rien entendre (ou alors que des chansons de Renan Luce, ce qui est bien pire).


Dès aujourd'hui, des actions pleines de panache sont possibles : polluez Internet, mentez toujours, avancez masqués, multipliez les hétéronymes, colportez les rumeurs, réalisez de fameux canulars pour ridiculiser les fâcheux ignares qui prétendent faire de l'« information » en ressassant l'insipide, écrivez des histoires enragées en vomissant sur tout ce que les nazes jugent estimables, chiez sur le buzz, avancez à contre-courant, lancez de fausses pistes, semez des commentaires hargneux et fantaisistes pour voir qui sera assez stupide pour les prendre au sérieux, hackez le site de l'UMP, insultez Nadine Morano (parce qu'elle le vaut bien), soyez fougueux, combattez avec rage les petites discussions plaisantes des salonnards de forum, lâchez des bombes verbales sur les sites cathos, menacez de mort les connards qui postent des vidéos de chats sur leurs blogs, vantez le n'importe quoi, défendez l'insensé en méprisant le véritable, envahissez Facebook en accablant d'insanités les péquenauds permanents qui s'y agrègent pour contrecarrer leur fadeur revendiquée, faites de l'entrisme sur les sites les plus nauséabonds (Eric Besson ?) pour étouffer sous leur propre connerie les plus cons, ne restez jamais entre vous, naviguez au hasard, faites feu de tout bois, mettez aux abois le consensuel, soyez dingos et fiers de l'être.


Inonder la Toile de propos infâmes, c'est bien, mais les rues de chiotte de ce pays sinistré constituent un réseau tout autant à votre portée : n'allez pas comme des anarchistes à la manque aux piercings cradingues perdre votre après-midi à envoyer de la caillasse sur des C.R.S. décérébrés, soyez subtils, mentez toujours, avancez masqués, ayez toujours sur vous une fausse carte d'identité, récupérez un drap sombre chez votre grand-mère, mettez-le-vous sur la tronche, faites quelques trous au niveau de la bouche, du pif et des chasses puis sortez avec cette burka improvisée et sous couvert d'anonymat commettez les pires excès, défoncez les parcmètres à coups de batte, dégommez les caniches à l'arme à feu, secouez les baltringues jusqu'à leur émulsifier la cafetière à neurones, mettez des coups de boule aux branquignols en uniforme, balancez des petits bouts de cake aux pigeons avant de les flinguer au fusil pour en faire des brochettes ou des brioches, insultez les enfants, crachez sur les vieillards, tabassez les ados, ne respectez rien, resservez-vous deux fois de dessert, refusez de refaire du café, soyez à l'opposé du convenable, tagguez des chiffres sur les pierres tombales pour transformer les cimetières en grilles de sudoku géantes, incrustez-vous au spectacle de Dany Boon et pleurez à chaudes larmes à chaque vanne merdique, mangez des nouveaux-nés avec de la salade, chiez sur les fleurs du voisin, faites un carnage en entrant dans une cour de maternelle à l'heure de la récré au volant de votre Fiat Punto, vomissez sur les autels, urinez sur les piétons, abattez vos amis à la carabine, assommez dans leur sommeil les membres de votre famille et jetez-les à la voirie dans de grands sacs à sapin, soyez dingos et fiers de l'être.


Le C.A.K.E. vous appelle, mieux, vous réclame : rejoignez-nous, ubuesques écureuils tétanisés que vous êtes, retrouvez-nous partout où nous sommes afin qu'ensemble, rassemblés comme des œufs de larve fraîchement pondus, nous puissions subvertir la perpétuelle grisaille de la bienséance glauque qui nous écrase, nous étouffe et nous noie. Si vous voulez agir jusqu'à l'absurde pour démanteler le conglomérat d'apathiques mous du genou qui souille de sa bêtise crasse l'ensemble de l'espace indo-européen, ouvrez votre gueule, écrivez votre dégoût intégral, raillez le reste du monde, ralliez le C.A.K.E., fomentez les histoires les plus atroces possible : le mauvais goût dont nous nous réclamons vous en sera reconnaissant.     


Lorsque la révolution cakissime l'aura emporté, que tous les dirigeants de ce pays auront été émincés en petits bouts pour garnir la mélasse gélatineuse contenue dans les boîtes de pâté pour chats, que les lieux de culte auront été rasés pour permettre la construction de bibliothèques libertaires, que tous les flics croupiront en prison, que la justice sera devenue une simple mascarade de kermesse, que les fous seront devenus gardiens de phare, que le travail n'existera plus, que les patrons seront abandonnés attachés à des cordes aux genévriers sur les aires d'autoroute, que les valeurs admises auront été renversées et tassées sous les paillassons, il nous sera loisible de voir enfin l'avenir radieux rêvé par le C.A.K.E. : des cakes à tous les coins de rue, des cakes en veux-tu en voilà, des petits, des gros, des mal foutus, des cakes aux fruits, des cakes natures avec de la chantilly, et partout des hurluberlus qui baguenaudent, des gens qui hurlent de vieux poèmes à chaque coin de rue, des duels à la kalachnikov pour laver son honneur, des clodos qui tabassent des directeurs de banque, des livres abandonnés aux prochains sur tous les bancs publics avec une part de clafoutis, de la subversion et du chaos pour pas un rond.


La cerise sur le C.A.K.E. sera le nez rouge sur la cagoule de nos membres prenant le maquis pour dynamiter les bien-pensants en instillant subtilement, et par fantaisie, de l'explosif lourd dans le rectum trop serré de ces doryphores blêmes, qui subsisteront par grappes de conneries dans les hôtels particuliers que nous nous ferons fort de démantibuler armés de décapsuleurs en plastique.


Après quelques lustres de cette joyeuse débandade aux lendemains chamarrés, le foutu jour où de gentils extraterrestres débarqueront sur Terre pour nous serrer la pince, nous les presseront contre notre cœur en signe de fraternité - puis nous les abattrons d'un tir de fusil à pompe en pleine poire, nous les découperons à la scie électrique pour les faire cuire au bain-marie et se taper un bon gueuleton, et nous déambulerons dans les venelles complètement shootés en enlaçant des réverbères et en soufflant dans la rondelle de clébards agacés confondus avec de petites trompettes, abusés par la chair des aliens aussi nocive que celle de champignons hallucinogènes et vénéneux, avant de terminer défoncés à mort la tronche au caniveau semblable à un arc-en-ciel, bavant des inepties merveilleuses, contents et repus comme de glorieux seigneurs.


Désormais, vous savez ce qu'il vous reste à faire pour partager ces célestes visions : cakophiles de tous les pays, unissez-vous !

Nicéphore Pétrolette et Bertille Oléoduc, co-fondateurs du C.A.K.E.  



27/12/2009
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