Les bons plans de Mémé Chouchen pour faire face à la crise avec dignité
Tous les mois, retrouvez les bons plans de Mémé Chouchen pour vous aider à faire face à la crise économique avec dignité : scientifiquement, avec le bon sens paysan qui la caractérise, elle traque tous les moyens de vous faire faire des économies (un peu comme cette endive merdico-capitaliste de Michel-Edouard Leclerc, en moins intéressée).
Note : Est-il besoin de redire que Mémé Chouchen n'est autre que la grand-mère paternelle, bretonne et alcoolo de Ghislain Palardoux, l'inspecteur qui donne son nom à la série mythique GARREC ET PALARDOUX ? Certes non.
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Avec cette somme de conseils précieux pour survivre à ce monde hostile qui nous assaille, Mémé Chouchen fait assaut d’ingéniosité afin de vous permettre, incorrigibles enfants gâtés que vous êtes (comme dirait Monsieur Manatane), de réaliser des économies stupéfiantes dans votre vie quotidienne : pêle-mêle, il sera question de dépenser le moins de fric possible pour élever son gosse, de manger gratos quand on est à la retraite, de ne pas se laisser abattre par le chômage de longue durée, de draguer à moindre coût, de faire face à la grippe A avec style, de se lancer dans le terrorisme sans un rond et de financer efficacement sa cavale même en étant au R.S.A. Après cette lecture indispensable pour les sans-le-sou et les radins (soit le commun des mortels), vous n’aurez qu’une chose à dire : merci, Mémé Chouchen !
Salut les amis, c'est Mémé Chouchen qui vous parle ! Vous aussi, vous en chiez des ronds de citron ? Vous bilez pas : je suis là pour vous filer un coup de main, grâce à mes bons plans vous allez faire des économies gargantuesques qui vous permettront de vous saouler à l'alcool de poireau sept jours sur sept ! Pour commencer, six conseils sympatoches pour ne pas dépenser inutilement vos sous.
1) N'achetez plus de paires de chaussettes : enfiler deux vieilles paires trouées l'une par dessus l'autre en hiver, et en été…ben, ne mettez pas de chaussettes.
2) Pour les fêtes, n'achetez plus de boîtes de chocolats hors de prix : recyclez une vieille boîte à œufs (boîte de 6 œufs pour une vague connaissance et 24 œufs pour les plus proches amis et la famille, enfin ceux que vous aimez bien, les autres ils ont qu'à aller se faire foutre) et laissez libre cours à vos talents artistiques pour la décorer (des petits chats ça fait toujours plaisir). Pour les chocolats eux-mêmes, mélangez du chocolat pâtissier premier prix Lidl avec un reste de chocolat en poudre et une bonne cuillère de beurre, ou margarine pour les plus pauvres, voire saindoux pour les miséreux : ça devrait faire l'affaire. En cas de doute sur l'aspect peu comestible de vos truffes maison, saupoudrez de sucre, ça fait plus joli et ça peut pas faire de mal.
3) N'enrichissez pas la FNAC ou Amazon en leur achetant des bouquins nazes : faites votre propre livre avec un Marc Lévy récupéré dans une poubelle (ça marche aussi avec un Bernard Werber), en plus c'est écolo. Ces livres n'auraient jamais dû être édités, mais vu qu'on a déjà bousillé des arbres pour les fabriquer autant les recycler au maximum. Une fois le livre récupéré, y'a plus qu'a tremper les pages dans un pot de peinture blanche, à l'étendre sur un fil à linge et à réécrire par-dessus une fois que c'est sec. Vous tracassez pas pour le contenu, tout le monde s'en fout : écrivez ce qui vous passe par la tête, ça suffira largement, comment croyez-vous que font les autres écrivains ? Deux pistes si vous n'avez vraiment aucune idée : le récit auto-fictif de votre vie sexuelle ou une description misérabiliste de la société actuelle. Attention, si vous vouliez innover et faire d'une pierre deux coups avec le récit de votre vie sexuelle misérabiliste et sordide comme reflet de la société contemporaine, sachez que vous arrivez au moins dix ans trop tard, Houellebecq vous a devancé, désolée. Si vous êtes assez content de votre œuvre, vous pouvez même prendre votre courage à deux mains et aller le vendre dans la rue (5 euros me semble un prix approprié) : avec un peu de chance, votre bouquin trônera bientôt fièrement entre Anna Gavalda et Amanda Sthers dans une bibliothèque Ikéa mal montée par le mari myope et chauve d'une secrétaire trilingue nymphomane.
4) Tapez-vous la cruche à moindre frais : n'oubliez pas de repérer les jours et horaires des poubelles. Faites le tour de votre quartier avant que ne passent les éboueurs : il serait des plus dommageables que vous vous fassiez doubler et ratiez ainsi de superbes occasions. Pensez aux particuliers mais ne négligez pas les poubelles des magasins, en premier lieu les supermarchés : attention il faudra peut-être jouer des coudes, voire des poings et des pieds. En effet, dans les grandes villes, vous allez devoir faire face à des hordes bigarrées de clochards traditionnels mais aussi d'intellos Rmistes végétariens alter-mondialistes décroissants à lunettes. « Chacun pour sa gueule » : n'oubliez jamais ce leitmotiv en temps de crise, vous ne devez avoir aucun scrupule à péter ses lunettes au végétarien pour l'empêcher de s'emparer de ce magnifique chou-fleur à peine flétri qui fera une délicieuse soupe, surtout si vous trouvez un os et un cube de Maggie dans une benne à ordures (faute de mieux, vous pouvez voler l'os d'un petit chien, ça marche aussi) .
5) Si vous voulez un animal domestique, ne l'achetez sous aucun prétexte : prenez-le dans la nature. Comme pour une adoption d'enfants sauvages, l'adoption d'animaux sauvages présente de nombreux avantages. De même que les petits Noirs dénutris, orphelins ou pas, nés dans des pays miteux arriérés prient pour être adoptés par Angelina Jolie ou Madonna, sachez que les jardins, forêts et terrains vagues autour de chez vous pullulent de nombreux hérissons, hiboux, musaraignes, loirs, tapirs, ragondins, paons, j'en passe et des meilleurs, en mal d'affection qui attendent une nouvelle famille (ou une vieille femme seule dépressive et alcoolique, car l'animal est peu regardant sur le choix de son maître, encore un avantage par rapport aux humains : je vous garantis que l'animal ne fait absolument pas de différence entre Paris Hilton et Susan Boyle). Vous pouvez même débuter un commerce : capturez le maximum de bêtes à poils possible, collez-leur des épines, des feuilles et des restes de hachis parmentier sur le dos puis revendez-les à la sauvette à des bobos en les faisant passer pour de très rares animaux exotiques péruviens, vous vous constituerez rapidement un joli pécule à dilapider fissa au bar le plus proche.
6) Vous rêvez de faire votre petit jardin chez vous, mais vous ne savez pas comment faire ? Pas de problème, Mémé Chouchen est là pour vous aider. Pour cela rien de plus simple, avant de passer à l'action, munissez-vous des ustensiles suivants : une lampe électrique, un couteau, des bonnes jambes. Ensuite, repérez dans les jardins de votre quartier ce qui vous intéresse (plants de tomates, persil, ou même fleurs ou arbustes mais pitié ne piquez pas les nains de jardin, il y a un code dans le vol de jardin et vous devez le respecter sans quoi en plus d'être pauvre et voleur, vous serez un fieffé enfoiré sans scrupule). Puis, attendez la nuit et à l'attaque. Attention, préférez les maisons habitées par des vieux : évitez à tout prix les familles avec enfants (vous pourriez vous retrouver nez à nez avec la jeune Amélie et son petit copain Kevin en train de se lécher la pomme, voire pire pendant que vous vous acharnez sur un pied de tomates, avouez que ce serait fâcheux, de même il serait du plus mauvais effet que l'amant de madame la femme du maire vous pisse dessus par mégarde alors qu'il se soulageait légitimement dans les rhododendrons). Si vous vous interrogez sur les raisons pour lesquelles je vous aie dit de vous munir de bonnes jambes, sachez que c'est assez utile pour fuir en cas d'attaques de chien (cependant, si c'est un molosse de 80 kilos, je vous déconseille de courir ou de vous débattre, le mieux est de vous laisser dévorer, avec un peu de chance ça sera rapide) ou de voisins prompts à dégainer leur 22 long rifle sur d'éventuels voleurs de carottes (si c'est un vieux célibataire ou veuf encore vert et que vous n'êtes pas trop mal de votre personne, vous pouvez toujours lui proposer de tirer son coup ailleurs que dans vos jambes, mais avouez que c'est cher payé pour quelques plans de dahlias, sans parler de la gêne occasionnée par une grossesse non désirée). De retour chez vous avec votre butin, plantez le tout dans votre jardin ou dans une jardinière sur votre balcon, ou pour les plus indigents d'entre vous (et oui, c'est la crise) dans un bac en plastique ayant servi d'emballage de glace à la vanille format 1 litre de chez Leader price sur votre fenêtre.
Bon, j'espère que vous suivrez mes recommandations, c'est une question de survie par les temps qui courent : passons maintenant au dossier du mois.
LE DOSSIER SPÉCIAL BÉBÉ
Moi aussi, j'ai été une jeune maman (y a bien longtemps c'est vrai) et je m'inquiète du budget démentiel que demande l'élevage de nos chères (ô combien chères !) têtes blondes. Entre les couches, les petits pots, les vêtements à changer tous les mois tant il grandit vite, sans compter le couffin, le lit, la poussette, c'est la ruine assurée pour un jeune couple d'amoureux sans travail, sans famille, sans avenir et sans idées. Mais heureusement, Mémé Chouchen pense à vous, mes tourtereaux : envoyez-vous en l'air en toute tranquillité, si « l'accident » arrive vous ferez contre mauvaise fortune bon cœur. Car, contrairement à ce que vous pouvez penser, non, vous ne serez pas obligé de vendre votre mouflet à peine né comme dans un film des frères Dardenne, d'autres solutions existent (je ne parle pas du congélo ni même de l'accouchement sous X ou de la poubelle, trop classiques et peu imaginatifs). Pour info, sachez que le fait d'avoir un gosse vous donne droit au RMI même si vous avez moins de 25 ans (« ça fait réfléchir », comme dirait mon petit-fils Ghislain).
¾ les couches : après des années de recherche, je dois avouer que je sèche (si je puis dire) et après tout vous auriez dû réfléchir à ça avant (si le prix des couches est excessif pour votre budget, il fallait pas l'avoir ce gosse, on vous a pas forcé quand même, merde !). Bon, le seul truc que j'ai trouvé, c'est de le changer le moins souvent possible, si le bébé pleure trop, deux solutions s'offrent à vous. Soit vous le confiez à son père et vous allez faire un tour au bistrot, soit (si le père est déjà au bistrot et que votre instinct maternel vous empêche de laisser le marmot seul) enfermez-le dans un placard et bâillonnez-le si c'est indispensable pour entendre les dialogues de « Plus belle la vie » (ça le forcera à respirer par le nez, c'est pas plus mal, si vous voulez en faire un champion d'apnée comme le petit Grégory).
¾ les petits pots : récupérer les restes de légumes à la fin des marchés et mettez-les dans une casserole avec un peu de beurre (pas trop, c'est pas donné) et du sel (après les avoir lavés et épluchés quand même, sinon c'est dégueulasse).
¾ les vêtements : si ses bras et jambes sont devenus trop longs pour son baby gros, coupez-les (les manches et jambes du vêtement pas les membres du gniard, on n'est pas des sauvages).
¾ le couffin : facile, un cageot dans lequel on met une couverture fait parfaitement l'affaire, si ça vous amuse, vous pouvez faire les anses du couffin avec une cordelette.
¾ le lit : avant que le bébé ne soit trop grand, le couffin-cageot peut faire office de lit. Après, démerdez-vous (vous allez bien récupérer un lit dans la succession de votre grand-mère avec un peu de chance).
¾ la poussette : deux options. Soit vous êtes du genre grosse cylindrée et vous avez un mari bricoleur (ou vous êtes vous-même bricoleuse, ne soyons pas sexiste), dans ce cas, je vous conseille le caddie de supermarché qui fera une solide poussette pour jumeaux, triplés ou bébé obèse et/ou difforme après quelques petites adaptations à l'aide d'une scie à métaux et d'un fer à souder. Soit vous préférez les petits modèles discrets et passe-partout, je vous conseille le caddie dont les mémés se servent pour leurs courses : les aménagements pour le confort de votre bébé seront minimes et rapides : rembourrez le fond du caddie d'une couverture ou de chiffons et déposez le bébé dessus, la tête en haut bien entendu, on n'est pas des sauvages. Avantage non négligeable de cette formule: si vous croisez un individu auquel pour une raison quelconque vous souhaitez cacher votre maternité (le père de l'enfant par exemple, un looser fini ou un partenaire sexuel potentiel qui ne serait peut-être pas un looser fini), rabattez d'un simple geste le dessus du caddie et ni vu ni connu (à condition bien sûr que vous ayez au préalable entraîné votre morveux à bien réagir en cas d'enfermement au fond du caddie, on peut pas tout faire à votre place non plus, mais je vous file une astuce : planquez des bombecs dans le fond).
Voilà qui devrait vous aider : pour finir, un petit cadeau.
En bonus : quelques bonnes idées pour utiliser au maximum votre bébé
¾ Monsieur, avec un peu d'audace et d'imagination, vous pouvez vous servir de votre nourrisson avec beaucoup de profit pour draguer, notamment dans les jardins publics ou les centres commerciaux. Mais attention, on n'a rien sans rien : il vous faudra investir dans un porte-bébé kangourou (ça fait craquer les femmes, surtout autour de la trentaine) et créer votre légende personnelle. Sur ce dernier point, de grâce, restez sobre : votre femme est morte en couche et vous élevez seule cette petite fille qui aurait tant besoin d'une mère, de même que fort logiquement son père a besoin d'une femme douce et aimante pour lui redonner goût à la vie. Malheureusement, vous vivez avec les parents de votre femme décédée et il serait fort malvenu que vous lui donniez l'adresse et le numéro de téléphone, en conséquence de quoi, elle devra se contenter d'une chambre d'hôtel Formule 1 et d'un numéro de portable (et si elle vous laisse des messages compromettants, elle devra signer du doux prénom de Jean-Louis). La chambre sera à sa charge étant donné que vous n'avez pas touché à l'assurance-vie (pour payer les études de la gosse un jour, vous êtes un père formidable) et que les funérailles vous ont ruiné.
¾ Madame, n'ayez pas peur, je pense aussi à vous, même s'il est scientifiquement prouvé que le fait d'être équipé d'un bébé n'est pas un atout séduction des plus efficaces. Par contre, si vous êtes vraiment dans la dèche, ou si vous voulez vous faire de l'argent facile ¾ pourquoi y aurait que les Roumaines édentées qui aurait le droit d'en profiter ? ¾, je vous propose de mettre vos vêtements les plus vieux, moches et si possible sales, de vous munir de votre bébé non changé et non nourri (n'hésitez pas à lui mettre un peu de blush pour qu'il ait l'air fiévreux) et asseyez-vous devant une boulangerie, et là tendez la main, et pitié ne faites pas votre timide, tendez franchement, bien à l'horizontale. Bien entendu, la récolte dépend beaucoup du soin que vous aurez pris à la confection du traditionnel panneau en carton (tout un art). A titre d'exemple, voici ce que vous pouvez écrire avec un marqueur noir : « Jé fin, mon enfant aussi, pittié ». Les bons jours, si vous choisissez bien votre endroit et s'il n'y pas de concurrence (vous aurez pris soin auparavant de faire le tour du pâté de maison pour chasser les concurrentes à coup de tatanes dans la gueule si nécessaire), vous pouvez vous faire 20 euros de l'heure (c'est moins crevant que faire des ménages et en plus c'est net d'impôts).
¾ Enfin, Monsieur comme Madame, n'hésitez pas à brandir votre bébé tel un passe-droit naturel dans les files d'attente, quelles qu'elles soient : au supermarché, à la poste, à la gare, au musée, partout, tout le temps, vous avez la priorité, faites-le savoir. Et si l'on vous résiste, un coup de gerbi (vu les petits pots que vous lui faites bouffer, on peut pas en vouloir au gosse) et hop !, l'impudent fera moins le malin et n'osera pas tabasser votre immonde gniard, vous êtes intouchable, profitez-en.
Après ça, si vous vous en sortez pas, c'est que vous êtes vraiment des cons.
Au mois prochain pour de nouveaux conseils, mes petits koalas, si j'aie pas clamsé avec la canicule d'ici là et terminé dans un bac à morues surgelées du Super U local le temps qu'on me trouve une place au frais à la morgue d'un hosto quelconque de Paimpol.
DOSSIER SPECIAL TROISIEME AGE
Ou comment vivre ses derniers mois sur cette terre avec astuce et l'espièglerie
Je sais, être vieux, c'est pas tous les jours facile ¾ les varices, les articulations qui grincent, les fuites urinaires, j'en passe ¾ mais je lance un cri d'alarme : vieux schnoques de tous les pays, secouez-vous un peu et sortez de vos apparts qui puent la pisse de chat et le moisi. Voici en exclusivité les bons plans de Mémé Chouchen pour vivre dans la dignité avant de mourir de la même manière si possible.
1) Si vous êtes comme moi et que vous en avez marre de regarder la télé toute seule chez vous volets fermés avec votre chat cancéreux en phase terminale sur les genoux le dimanche après-midi, j'ai une idée. Que diriez-vous d'un bon pique-nique en famille ? Vous n'avez pas de famille, pas de véhicule et vous n'avez plus un euro sur votre pension retraite à partir du 15 du mois ? Pas de problème, si toutefois vous pouvez vous rendre à pied à la première aire de repos près de chez vous. Une fois sur place, choisissez votre famille d'adoption pour la journée : faites comme vous pouvez mais je vous conseille d'opter pour la simplicité, évitez les types qui ont des pulls autour du cou, surtout bleu ciel ¾ c'est en général des gros cons prétentieux qui se croient cool ¾ et les gosses équipés de raquettes de badminton ou autres accessoires de sport ¾ vous êtes là pour vous reposer pas pour jouer les Venus Williams du troisième âge, une attaque est si vite arrivée ¾ et les femmes qui ont des lunettes de soleil posées sur le haut du crâne ¾ même remarque que pour le mari. Ensuite, vous vous incrustez dans la vie de ces gens que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam. Comment on fait me direz-vous? Rien de plus simple, vous vous approchez d'eux, vous les saluez avec un air pitoyable de chien battu ¾ je vous conseille de vous entraîner chez vous avant pour plus de naturel ¾ et vous dites « je ne me sens pas bien, je peux m'asseoir ? » et vous vous asseyez à leur table ou sur leur couverture posée au sol pleine de victuailles dont l'odeur monte déjà à vos vieilles narines flétries par le poids des années de dur labeur et de veuvage. A moins d'être de fieffés gougnafiers, il y a fort à parier qu'ils vous proposent une cuisse de poulet froid et un verre de rosé frais pour vous requinquer, acceptez bien entendu ¾ enfin, si le poulet est assez cuit, on n'est pas des sauvages, et de nos jours les femmes ne savent plus faire cuire un poulet et les hommes ne savent plus le découper proprement ¾ et n'hésitez pas à lorgner vers les chips avec une moue de bête affamée. Ils vont vous interroger sur votre famille, ne tergiversez surtout pas : vous êtes veuve de guerre, vos enfants sont morts, vous vous êtes échappée d'une maison de retraite où des infirmières moustachues ressemblant à Hitler vous maltraitaient et vous voulez juste une journée de bonheur avant de regagner cet enfer et de mourir certainement dans les prochains jours. Si vous avez encore faim quand votre gentille famille est partie, n'hésitez pas à renouveler l'opération avec une autre, et s'ils vous ont vue avec la première, faites croire que vous êtes la grand-mère et qu'ils vous ont abandonnée comme un chien malade sur le bord de la route. Il se peut qu'ils insistent pour vous déposer devant un commissariat avec quelques dizaines d'euros avant de reprendre la conscience tranquille la route de vacances, ne les contrariez pas ¾ réclamez un ou deux mini Savane, vous les aurez d'avance ¾ et attendez qu'ils soient repartis pour regagner vos pénates repue et des souvenirs bucoliques plein la tête.
2) Pas d'argent pour partir en vacances ? Ca ne doit pas être une raison pour vous priver des joies du camping. Comment faire ? C'est archi simple. Vous repérez dans le voisinage une famille à problèmes ¾ on en a tous au moins deux ou trois dans un périmètre de 100 mètres autour de chez soi ¾, soit une femme battue par son mari, un enfant battu par ses parents ou mieux une vieille battue par sa belle-fille. Attention, la famille en question doit avoir un jardin bien entretenu ¾ si c'est la jungle équatorienne, laissez tomber, c'est un truc à vous faire piquer par un serpent, et si vous êtes en H.L.M., désolée, j'peux rien pour vous. Installez-vous sur leur terrain sans crier gare par un beau matin ensoleillé une fois la rosée évaporée et attendez. Pour la tente, démerdez-vous, j'suis pas l'armée du salut ¾ vous pouvez la voler à un clodo qui cuve son vin, après l'avoir assommé avec une brique (il faut toujours avoir une brique dans son sac à main). Récupérez aussi une glacière, un réchaud et un sac de couchage. Au bout de quelques minutes, vous allez voir arriver Monsieur en calbute ou Madame en chemise de nuit vous demander ce que vous foutez sur une propriété privée. Ne vous démontez pas : dites que vous êtes une pauvre vieille qui n'est jamais allée en vacances de sa vie et que vous souhaitez juste rester là quelques temps. Si on ne vous invite pas à partager un Ricoré et des tartines de Nutella, troquez votre gentillesse légendaire pour un air menaçant et quelques phrases bien senties pour leur signifier que c'est vous qui êtes en position de force, je vous conseille le classique « alors les Bidochons, on fait moins les malins, je vais vous dénoncer à la DDASS si vous me laisser pas camper ici ». Après, à vous la belle vie.
3) Vous n'aimez pas le vélo ? Moi non plus. Vous détestez tous ces guignolos qui font les nunuches en danseuses sur leur bicyclette, exhibant leurs ridicules mollets de serin, épilés comme des chochottes se cramant la couenne au soleil moite des distractions populacières du mois de juillet ? Moi, pareil. Seulement, y a du fric à se faire sur le Tour de France, et je parle pas de ces stylos tout pourris ou de ces casquettes minables qu'ils balancent sur la foule, comme des cacahuètes à des singes au zoo, non je parle d'autre chose. En plus, aucun matériel ou préparation préalable n'est requis pour ça, bien sûr si vous pouviez avoir l'air très fatigué et affamé c'est mieux question crédibilité. Ah et il faut quand même que vous connaissiez le nom d'un coureur français, dans les mieux classés et les plus populaires si possible (Christophe Moreau, Thomas Voeckler et Pierrick Fédrigo marchent assez bien, même s'ils sont à chier tous les trois, mais on s'en fout). Placez vous en bordure du Tour, interpellez « votre » coureur (enfin, celui que vous aurez choisi) quand il passe devant vous, puis engagez la conversation avec les gens. Choisissez de préférence une famille ¾ je rappelle le principe pour ceux qui auraient oublié : pour faire simple on dira papa, maman et les gniards ¾ qui n'a pas l'air trop dans la misère (je sais le Tour de France, c'est pas le Rotary et y a peu de chance de croiser Bernard Arnault ou Liliane Bétancourt mais faites un effort et trouvez une famille de moyennement pauvres plutôt que de vrais miséreux).
Ensuite, dites un truc du genre : « il est fort hein mon ¾ citez ici le nom du cycliste en question ¾, c'est normal, je l'ai bien nourri, vous savez que c'est moi qui lui ai payé son premier vélo, c'est grâce à moi qu'il est un champion aujourd'hui ». Il y a fort à parier que la famille vous dise : « ah bon ? Vous le connaissez ? ». Ca y est, le poisson a désormais mordu à l'hameçon et il n'y a plus qu'à le ferrer habilement. Criez le plus fort possible (vous êtes vieille, ça vous donne le droit d'être sourde et donc de gueuler dans les oreilles de n'importe qui de plus jeune que vous) : « et comment que j'le connais ! C'est mon petit-fils, c'est moi qui l'ai élevé à la mort de ses parents et regardez comment il me remercie aujourd'hui : ça fait dix ans qu'il est pas venu me voir, même pas une carte à Noël ». Là, s'ils ont un peu de cœur, Monsieur s'insurgera (« si c'est pas malheureux, avec tout le pognon qu'ils gagnent ») et Madame retiendra une larmichette derrière ses lunettes de soleil (« vous vous en sortez quand même ? ») pendant que la fille aînée avec un peu de chance sera envoyée en mission pour vous ramener un sandwich à la merguez (n'hésitez pas à exiger beaucoup de moutarde et un Coca pour faire passer le tout). Précisez bien qu'une aide à domicile peu scrupuleuse vous oblige à lui reverser la moitié de votre pension de retraite sous la menace de vous faire violer par son chien, un doberman croisé castor pas spécialiste des préliminaires (encore moins que votre défunt mari Jeannot, c'est dire) et que oui, vous acceptez les chèques mais que le liquide c'est plus pratique pour payer votre paquet de biscottes à la caissière de Shopi. Entre deux bouchées de sandwich, vous entendrez la famille outrée tout raconter à la famille d'à côté, et là rajoutez en une deuxième couche, avec des détails bien sordides improvisés, surtout si la deuxième famille contient exclusivement des membres obèses et qu'elle est munie d'une glacière pleine de provisions fraîches. Il n'est pas impossible que vous rentriez chez vous avec une légère envie de vomir (vous n'avez jamais supporté de trop manger et la beaufitude qu'exhalent les raouts du populo en vacances). Soyez pas bégueule : laissez-vous photographier avec les gosses le pouce levé et promettez de leur envoyer des photos du coureur âgé de 4 ans sur son premier vélo de compétition en train de passer la ligne d'arrivée de la course municipale annuelle : ça mange pas de pain.
4) Autre bon plan qui vous amènera à faire les sorties de collège et lycée pendant l'année scolaire et les M.J.C. en période de vacances : achetez de l'alcool pour les ados à qui certains rabat-joie et néanmoins vendeurs d'alcools forts refusent d'en délivrer pour cause de minorité. Avec un peu de chance, le premier groupe de lycéens marginaux que vous rencontrerez appréciera vos services et vos tarifs (50% du prix de la bouteille en plus à verser comptant) et vous recommandera auprès de tout ce que le lycée compte d'alcooliques précoces (de toute façon les lycéens carburant au lait-fraise se font de plus en plus rares, soyons honnête) dont vous deviendrez la mascotte, voire le revendeur privilégié. Attention : ne restez sous aucun prétexte « faire la fête » avec eux, même s'ils vous acclament chaleureusement et vous encouragent à coup de « mémé, allez, bois un coup » du moins si vous souhaitez éviter la tournante (avec images sur Internet en prime), sinon après tout, faites comme vous voulez (vous êtes majeure et vaccinée, vous).
5) Si comme moi vous aimez ces délicieux petits gâteaux nommés boudoirs mais que vous n'aimez pas donner 1,20 euros à la caissière aux mèches roses, au vernis violet et au fard à paupière vert pour les avoir, rien de plus simple. Par un après-midi ensoleillé, pointez-vous dans un parc et repérez les nounous et les enfants en bas âge (en assez bas âge pour ne pas encore parler distinctement, c'est très important). Ensuite, approchez-vous de la victime potentielle et prenez un air détaché (attention, ça marche que si vous êtes une vieille, le vieux passera immédiatement pour un pédophile, donc si vous êtes vieux et que vous souhaitez des boudoirs ben achetez-les), puis attendez que la baby-sitter ait le dos tourné (soit qu'elle envoie des S.M.S. à son petit ami, soit qu'elle discute avec une autre nounou africaine) et laisse le gamin sans surveillance dans le bac à sable plein de microbes pour agir : piquez le boudoir ou tout autre gâteau du chiard et avalez-le aussi sec, ni vu ni connu j't'embrouille (attention, il y a des risques d'attraper la rougeole, la rubéole ou toute autre maladie infantile, mais on n'a rien sans rien, et puis c'est tellement bon un boudoir, même pré-mâché).
6) Si vous avez plus d'ambition, y a une autre possibilité mais premièrement y a un risque d'incarcération, et deuxièmement il faut auparavant repérer où habite votre victime, ce qui implique une phase de repérage qui peut être fastidieuse (surtout quand on est vieux et qu'on a mal aux pattes). Au lieu de vous contenter de piquer un boudoir au bébé, vous piquez le bébé quand la nounou relâche sa surveillance (attention, pour cette arnaque, mieux vaut choisir une nounou complètement inconsciente et déglinguo du genre à se shooter dans les toilettes publiques du parc et à se prostituer au même endroit auprès d'une clientèle de gentils pères de famille que leur mouflet baveux attend en jouant au ballon à quelques mètres de là ou à de clodos qui font la manche et qui ont eu une assez bonne journée pour se payer un peu de plaisir à prix cassé). Bref, pendant que la marginale s'envoie son client ou son fix, vous vous emparez du rejeton en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, puis vous le ramenez chez vous (si c'est pas trop loin) en le planquant dans votre cabas en faisant de petits trous dedans pour qu'il respire. Laissez mijoter une heure, une heure et demie, puis pointez-vous au domicile de la famille avec le gosse. Dites que vous l'avez trouvé en train d'errer sans surveillance dans le parc et qu'après une fastidieuse enquête de voisinage vous avez retrouvé sa maison. S'ils vous demandent pourquoi vous n'êtes pas allée plutôt au commissariat, dîtes que depuis que toute votre famille a été gazée à Auschwitz vous n'aimez pas vous rendre spontanément chez les flics. Ils vont vous sauter au cou et insister pour que vous preniez le billet de 50 euros qu'ils vous tendent avec plaisir. N'hésitez pas à dire que vous préfèreriez un sandwich (vos maigres revenus ne vous permettant de manger qu'un jour sur deux), tout en empochant le billet bien entendu. Il y a fort à parier que vous repartirez avec deux sandwichs au jambon dans du papier alu ¾ n'hésitez pas à exiger le cornichon réglementaire, on a toujours besoin d'un cornichon ¾ et peut-être même un reste de céleri rémoulade et une tomate farcie dans un tupperware. Vous n'aurez pas perdu votre journée, les parents seront aux anges, par contre la nounou sera certainement poursuivie en justice pour négligence (mais avec un peu de chance elle aura un bon avocat parmi ses clients, au pire si les parents sont conciliants et n'en font rien, menacez-la vous-même de la dénoncer à la police et faites-la chanter, cette tache doit se faire un max de blé en tapinant).
Allez, bonnes vacances les vioques, et prenez garde à la canicule, hydratez-vous, nom d'un mouflon !
Dossier Spécial Chômeurs de Longue Durée
Moi, j'ai de la chance, je suis vieille et je serai bientôt morte mais je pense à vous les jeunes qui vous retrouvez sans boulot, virés de vos boîtes comme des malpropres, soi-disant à cause de la crise ¾ la crise mon cul, oui, la délocalisation et la course au profit plutôt ! Vous qui êtes chômeurs depuis peu, attendez-vous à devenir chômeurs de longue durée mais ne perdez pas le moral pour autant : être au chômage, ça a du bon et je vais vous le prouver.
1) Comment calmer un conseiller ANPE enragé
Après une bonne demi-heure d'attente en plein mois d'août, debout, dans votre A.N.P.E. sans clim' orientée plein sud, coude à coude avec un vieux pervers en short lorgnant sur votre décolleté (si vous êtes une femme) ou sur votre entre-jambes (si vous êtes un homme), votre conseiller ¾ que vous soupçonnez d'avoir des problèmes psychomoteurs bénins mais quand même ¾ daigne enfin vous recevoir avant sa pause-déjeuner : youpi. Mais le petit fonctionnaire aigri, car par définition le conseiller A.N.P.E. est aigri (il a échoué là après une longue suite de ratages, tel un narval à la dérive dans des eaux trop froides), le petit fonctionnaire aigri donc a décidé de vous faire chier et quand le petit fonctionnaire a décidé de vous faire chier, il vous lâche pas, un peu comme un pitbull avec une gamine de 4 ans. Il regarde son ordinateur et vous demande tout à trac ce que vous avez fait depuis la dernière fois. Autant vous le dire tout de suite, le conseiller A.N.P.E. est peu sensible aux arguments tels que : « Ben, y avait les mondiaux d'athlétisme à la télé alors… » ou « avec la canicule, je préfère pas faire trop d'efforts, on sait jamais » et autres bobards plus gros que vous du genre « j'ai dû aider ma femme Josette à relire sa thèse de doctorat sur la culture de la courgette au Nord de la Loire ». Est-il besoin de préciser que l'humour et le second degré sont vivement déconseillés avec un conseiller A.N.P.E ? On en a vu se suicider suite à une mauvaise blague balancée un peu méchamment un vendredi après-midi de novembre pluvieux ¾ car le conseiller A.N.P.E. est ultra-sensible, pour ainsi dire à fleur de peau, et il peut à tout moment basculer dans la folie et tenter de se supprimer à l'aide de son stylo noir pointe feutre Reynolds. Alors, que faire ? Pas d'inquiétude : Mémé Chouchen a la réponse, mes agneaux.
Demandez-lui de vous parler de lui : il est comme tout le monde, y a que ça qui l'intéresse et pendant qu'il vous détaille ses notes du bac français et vous conte par le menu ses déboires sentimentaux vous n'avez pas à avouer que vous n'avez strictement rien foutu depuis votre dernier entretien, même pas une candidature spontanée au Mac Do le plus proche qui promet pourtant monts et merveilles à ses nouveaux équipiers. Il est très probable qu'après votre entretien c'est votre conseiller qui vous remerciera et vous qui lui souhaiterez bon courage… Et vous pourrez glandouiller jusqu'à la prochaine fois.
2) Comment faire des lettres de motivation pourries pour ne jamais être contacté
Si votre conseiller A.N.P.E. vous dégote dans son fichier une annonce pour être vendeuse dans un sex-shop alors que vous avez une formation de libraire (ça peut arriver car tout cela rentre dans la catégorie « vendeur de produits culturels et ludiques », véridique), ne faites pas votre mijaurée, dites « Ok, je vais envoyer une lettre de motivation et mon C.V. ». De retour chez vous, appliquez-vous à faire l'inverse de la lettre idéale. Dans le cas présent, il pourrait être bienvenu de mettre une photo très moche (la vôtre si vous êtes très moche et que vous avez l'honnêteté de le reconnaître ou celle d'une amie très moche, sans lui dire, ça pourrait la vexer et elle n'a pas besoin de ça, la pauvre), de faire semblant de ne pas savoir ce qu'est un sex-shop et de préciser que vous n'avez aucune expérience de l'encaissement et que vous comptez encore en francs. L'idée étant de contenter votre conseiller, rassuré de « votre bonne foi dans votre recherche active d'un emploi correspondant à votre secteur d'activité et à vos compétences », tout en vous assurant que l'entreprise ne souhaitera pas vous recevoir en entretien. A 58 ans et avec votre doctorat de Lettres, vous n'allez quand même pas vous habiller comme une pute (body léopard et mini-jupe en stretch rouge) pour vendre des vibromasseurs à des pauvres filles mal baisées : autant aller faire la pute à la F.N.A.C. en vendant du Guillaume Musso par palettes !
3) Comment foirer à coup sûr un entretien d'embauche
Vous vous êtes fait piéger et vous devez vous rendre à un entretien d'embauche pour un boulot minable sous-payé ? Pas de problème : Mémé Chouchen est là pour vous sortir de ce mauvais pas. Essayez d'être le plus crade possible, mal habillé et pensez à arriver avec au moins trois quarts d'heure de retard. Attention si vous êtes quelqu'un de bien élevé, il peut être difficile de rentrer dans une pièce sans dire bonjour et de sortir sans dire au revoir : entraînez-vous plusieurs jours auparavant en snobant les caissières au supermarché, les boulangères et même la voisine handicapée et veuve du troisième. Autre avertissement : pour les plus instables, cette désinhibition peut être la porte ouverte à un déferlement de méchanceté trop longtemps retenu, précisons donc à toutes fins utiles qu'il n'est pas nécessaire de faire un croche-pied à la voisine, ni de cracher au visage du D.R.H. qui vous convoque en entretien. Dans le doute sur le comportement à adopter, une règle s'impose, la même que pour le chocolat, l'héroïne et la vodka (référence à la chanson de Constance Verluca, « Les trois copains », hymne du C.A.K.E à écouter dans l'article « Sexe, drogues et rock'n roll » : la modération.
4) Comment se la couler douce à moindre frais
Plusieurs solutions s'offrent à vous pour vous la couler douce à moindre frais : Mémé Chouchen vous rencarde, bande d'assistés sans la moindre dignité que vous êtes, prêts à bouffer à tous les râteliers pendant que les honnêtes pères de famille travaillent plus pour gagner plus. Il faut d'abord profiter au maximum de toutes les aides accordées par l'Etat : R.M.I., allocations familiales, etc. Avec un peu de chance vous êtes mère célibataire, l'heureux papa ¾ un looser dont le seul fait d'arme en 42 ans de vie consiste à avoir remporté le tournoi de fléchettes dans le bar P.M.U. en bas de chez vous pendant dix semaines d'affilée ¾ s'étant tiré fissa avec votre sœur avant même la confirmation du test de grossesse, dans ce cas vous pouvez cumuler allocation parent isolé, R.M.I., et A.P.L. et à vous à la belle vie.
Ensuite ne négligez pas les associations : Restos du cœur (pour vous en foutre plein la lampe avec des orgies de steaks surgelés et de lentilles) mais aussi Croix Rouge (vacances des gniards), Secours populaire (pour vous faire une garde robe chicos vintage). Enfin, si tous les membres de votre famille, vos anciens collègues, vos amis et vos connaissances ne sont pas encore au cimetière, en taule ou fâchés à mort avec vous pour de sordides histoires de vol de carte bleue et de tentatives d'étranglement un soir de beuverie, vous pouvez ¾ je dirais même mieux : vous devez ¾ leur taxer un maximum de fric sous les prétextes les plus fallacieux. Un exemple de prétextes fallacieux entre mille : des types de la mafia italienne vont vous assassiner vous et vos trois gosses, dont un trisomique, si vous ne leur donnez pas les 4000 euros qu'ils vous réclament pour demain minuit dernier délai, suite à une horrible méprise (vous avez une homonyme, Catherine Flappiot, junkie notoire et amie personnelle des époux Balkany, qui leur doit six mois d'arriérés de cocaïne).
Voilà, mes poussins, j'espère que ces quelques bons conseils de Mémé Chouchen vous aideront à vivoter pendant les quelques années qu'il vous reste à vivre avant de crever d'un cancer ou d'un accident de la route, comme tout le monde. Je sais, vous rêviez de quelque chose de plus flamboyant mais soyons honnête : rares sont ceux d'entre nous qui peuvent se payer le luxe de mourir en désamorçant une bombe sur la Tour Eiffel ou en affrontant une bande de C.R.S. dégénérés, les armes et un drapeau noir à la main, lors du grand Soir.

Commentaires
Valentine la radine le 09/08/2009 à 15:41:45Un grand merci à Mémé Chouchen, la mémé qu’on aurait tous aimé avoir : grâce à elle, je profite au maximum des avantages que m’apporte mon bébé dans la vie en société. Mon petit Martin dort comme un ange dans son magnifique couffin-cageot que toutes mes copines m’envient, au point que je songe à en faire commerce si Mémé Chouchen est d’accord bien entendu (elle toucherait 10 pourcent)
Paul-Emile Nion, retraité de l’Education nationale le 11/08/2009 à 17:30:46
Mille merci à Mémé Chouchen : grâce à son dossier spécial vieux j’ai économisé des dizaines d’euros et passé de bons moments conviviaux sur le Tour de France. Résistons à la crise la tête haute et avec le sourire.